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Région wallonne - campagne

1 million pour vanter Marshall. Abusif ?

P.P.

Mis en ligne le 19/02/2009

Une campagne d’évaluation du plan Marshall tombera en pleine période électorale. L’opposition dénonce une intox. La majorité dit n’y voir que de l’info.

La ligne de démarcation entre information citoyenne et communication électorale implicite peut toujours être sujette à débat. A fortiori, dans les derniers mois d’une législature." Qui dit ça ? Le ministre-président wallon Rudy Demotte (PS). C’était en janvier dernier, en réponse à une question du député Bernard Wesphael (Ecolo), lequel s’inquiétait, en prolongeant des infos parues ici, de la multiplication des communications officielles du gouvernement. M. Demotte ajoutait : "Cela dit, cette période se prête aussi, logiquement, aux bilans"...

Voilà qui monte en plein dans l’actualité. C’est "un bilan" du plan Marshall que l’exécutif Demotte diffusera à grande échelle, en avril, quelques semaines avant le scrutin. Dûment saisie du dossier mercredi, la commission de contrôle du Parlement wallon n’y a pas vu d’objection, majorité contre opposition. Aussitôt, à sa sortie, Serge Kubla, le chef de groupe MR, accusait à tous vents : "Rudy Demotte abuse de la démocratie."

Quels sont les griefs possibles ? Au moins cinq. Dans le désordre :

- "Les dossiers de promotion de l’action du gouvernement s’empilaient déjà comme des crêpes" , dénonce M. Kubla. Ce chiffre à l’appui : en 5 mois, 75 dossiers de promotion ont été présentés, pour plus de 5,5 millions. Version gouvernementale : les citoyens doivent être pratiquement informés, notamment, des mesures budgétaires et de relance. C’est le cas présentement du prêt tremplin; ce le sera demain de la caisse d’investissement de Wallonie.

- La nouvelle campagne du plan Marshall coûtera 1,024 million à charge du contribuable. "Je ne peux pas l’accepter" , Kubla dixit. Réplique d’un majoritaire : "Qu’est-ce que 1 million, comparé au 1,5 milliard engagé par le plan Marshall ?"

- Voilà, poursuit-on au MR, qui va engager la plus grande partie du budget communication, alors que les ministres sont invités à ne pas dépasser 5/12 de leurs budgets pour sauvegarder les marges du prochain gouvernement. L’Elysette conteste : "On ne bidouille pas les budgets."

- On sera entré dans la période suspecte, "celle où les dépenses de communication sont strictement réglementées" , poursuit le MR. Chez Demotte, on se défend de toute "tricherie". Ajoutons ceci. En temps habituel, on peut accepter un élément plus personnalisé du ministre dans un document explicatif (alors qu’il est refusé sur un simple tract); en temps sensible (3 mois avant un scrutin, soit cette fois dès le 7 mars), on n’accepte en aucun cas nom, signature, photo; et il faut récurrence du sujet (des précédents). C’est le cas, se défend la majorité : Marshall a déjà fait campagne (pour rappel, notre document photo...).

- De quoi passer au contenu. Serge Kubla se voit conforté dans sa critique que le plan Marshall, hormis ses bons aspects, relève du "slogan". La majorité défend bien sûr une autre logique : il est de bonne gouvernance que les citoyens évaluent son action.

Au point d’intégrer dans la campagne des éléments négatifs s’il en est ? "S’il y a du négatif, la presse se focalisera dessus" , répond un conseiller à l’Elysette... On en déduit que la campagne ne serait que positive. Et on revient à la question de départ. Quand passe-t-on de l’info à la promo, et de celle-ci à la propagande ?

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