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Édito

Une promesse devenue chimère

Mis en ligne le 17/03/2009

Par Annick Hovine

C’était une promesse; elle était coulée noir sur blanc dans l’accord gouvernemental de l’équipe Leterme. Le 18 mars 2008, précisément, l’accord scellé entre CD&V, Open VLD, MR, CDH et PS (les cinq partis qui sont toujours aujourd’hui aux commandes fédérales) donnait à des milliers de sans-papiers installés depuis de longues années en Belgique l’espoir de sortir enfin de l’ombre d’une vie indigne. Il ne s’agissait pas de vendre la lune ou de proposer aveuglément des papiers à tous les clandestins qui ont un jour mis le pied sur le territoire belge. Autrement dit : il ne s’agissait pas de procéder à une régularisation massive mais de donner un titre de séjour à certaines catégories de sans-papiers. Un : les demandeurs d’asile qui peuvent justifier d’une procédure anormalement longue (les retards étant dès lors le fait de l’Etat et pas des sans-papiers). Deux : les illégaux qui peuvent prouver un ancrage local durable dans notre pays (leurs enfants y sont souvent nés et scolarisés; ils sont bien intégrés dans leur quartier; ils ne posent pas de problème d’ordre public ). Trois : les clandestins qui peuvent présenter une promesse d’embauche effective au cas où ils obtiendraient un titre de séjour en bonne et due forme.

C’était une promesse. Un an plus tard, c’est devenu une chimère. Les partenaires gouvernementaux ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur la fameuse circulaire qui doit préciser les critères de régularisation (pourtant clairement consignés dans la déclaration gouvernementale).

Le blocage est politique. A qui la faute ? Essentiellement au cynisme de l’Open VLD et à ses froids calculs électoraux à l’approche du scrutin régional. Les libéraux flamands sont persuadés (en partie à raison) qu’ils ont pris une claque aux élections régionales de 2004 parce qu’ils ont accepté d’octroyer le droit de vote aux étrangers non européens. Ils ont juré de ne pas refaire la même "erreur". Qu’est-ce qui pourrait les faire changer d’avis ? Le volontarisme du Premier ministre CD&V, Herman Van Rompuy, nettement plus motivé que son prédécesseur ? Rien n’est moins sûr

Dans l’intervalle, les sans-papiers sont maintenus dans une attente désespérée. Cette non-décision politique est inhumaine : elle ajoute la détresse à l’insécurité; elle mêle l’odieux à l’indigne.

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