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Immigration
Sans-papiers: union contre l'inertie
An.H.
Mis en ligne le 17/03/2009
Rarement, on aura vu une telle mobilisation du secteur associatif (au sens large) pour défendre une cause, celle des sans-papiers laissés en rade par le gouvernement fédéral.
A l’approche de la date anniversaire de la déclaration gouvernementale de l’équipe Leterme I (c’était le 18 mars 2008), qui promettait l’élaboration rapide d’une circulaire précisant des critères clairs de régularisation (procédure d’asile anormalement longue; ancrage local durable; promesse ferme d’embauche), c’est le branle-bas de combat à tous les étages de la société civile.
Une journée de mobilisation
Parce que la circulaire n’a toujours pas vu le jour (lire ci-dessous) et que l’espoir légitime de certaines catégories d’étrangers en situation irrégulière de sortir de leur situation de non-droit a été trahi par la non-décision de la coalition Open VLD, CD&V, MR, CDH et PS.
Mercredi, il y aura une journée nationale de mobilisation des associations, des universités, des syndicats, des étudiants, des artistes, des simples citoyens... aux côtés des sans-papiers. Des activités sont prévues partout dans le pays, à Bruxelles, Gand, Anvers, Liège, Arlon
Vers midi, une délégation remettra au Premier ministre CD&V, Herman Van Rompuy, une pétition ("Je soutiens les sans-papiers sur leur chemin vers la dignité") qui avait déjà récolté lundi midi 26852 signatures (électroniques et papier). Cette pétition initiée par le Ciré (Coordination et initiatives pour les réfugiés et les étrangers) veut rappeler aux responsables gouvernementaux, Premier ministre et ministre responsable de la Politique d’asile et de migration, (Annemie Turtelboom, Open VLD) en tête, les engagements pris en mars 2008.
Du Nord au Sud
De leur côté, les milieux académiques se mobilisent également, à l’initiative de deux professeurs de sociologie, Mateo Alaluf (ULB) et Jean De Munck (UCL), impliqués de longue date aux côtés des sans-papiers. Jusqu’ici, c’étaient surtout les étudiants qui s’étaient engagés en encadrant les occupations dans les locaux des universités.
Début février, la sensibilisation s’est élargie aux professeurs, chercheurs et autres membres du personnel des universités.
Le Comité des Universités et des Hautes Ecoles pour le soutien aux sans - papiers voyait le jour, avec le projet de rédiger une carte blanche commune en prévision du 18 mars.
"Il y a eu un grand enthousiasme", raconte Corinne Gobin, maître de recherche FNRS à l’ULB et cheville ouvrière du Comité des Universités.
Plus de 500 personnes issues de l’ULB, l’ULg, des Facultés universitaires Saint-Louis, de l’UCL, de la VUB, de la KUL, des FUNDP (Namur), de la Fucam, de l’UGent, de l’UA (Anvers), de l’Ichec, de la Cambre... ont signé le texte qui paraît ce mardi dans la presse (lire page 4).
Soit des universités de Bruxelles, du Sud et du Nord, des Hautes Ecoles francophones et néerlandophones. "C’est unique dans l’histoire des universités : le soutien est nettement plus important qu’on aurait pu le rêver".
Sourd ?
L’appel commun (et inédit) lancé fin février par les religions et communautés philosophiques reconnues a joué un rôle certain dans la mobilisation des universités, poursuit Corinne Gobin.
Les cultes et communautés philosophiques s’étaient adressés au gouvernement fédéral pour demander que l’équipe Van Rompuy "décide d’une législation globale qui sorte les sans-papiers du désarroi causé par l’incertitude juridique".
Le gouvernement Van Rompuy se montrera-t-il sensible aux suppliques de la société civile ?
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