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Édito

Hypocrisie électorale

Par Francis Van de Woestyne

Mis en ligne le 28/03/2009

L’élection est un moment crucial dans la vie d’une démocratie. Cela devient peut-être un peu banal, voire carrément naïf de le dire et de le souligner. Mais si l’on veut mobiliser, un peu, les citoyens - les plus jeunes notamment - qui, de plus en plus nombreux, se disent blasés, voire dégoûtés de la politique, il faut de temps en temps expliquer en quoi il est préférable de vivre dans un pays dont les élus sont élus plutôt que dans un régime où les élections ne consistent qu’à entériner les exigences d’une oligarchie.

Bien sûr, on n’en est pas là. Le 7 juin, les quelque 7,5 millions de Belges qui se rendront aux urnes émettront des préférences dont les présidents de partis s’inspireront - on peut l’espérer - pour constituer, ensuite, les majorités régionales et communautaires. Nous avons donc de la chance. Toutefois, le jeu démocratique risque d’être biaisé par la manière dont certaines listes ont été élaborées.

Exemple. Pour tenter d’emporter un maximum de voix, plusieurs partis politiques ont choisi d’envoyer au feu les gros faiseurs de voix tout en sachant très bien que ces gens, populaires, ne siégeront pas dans l’assemblée où ils ont été élus. Ils auront juste apporté leurs voix dans l’espoir que leur liste recueille un maximum de suffrages et participe ainsi au partage du pouvoir au lendemain du 7 juin.

Qu’une gloire nationale pousse une liste régionale ou européenne, à la dernière place des suppléants, cela peut à la limite se concevoir. Mais qu’un ministre ou un président de parti se propulse en ordre utile, tout en sachant très bien qu’une fois élu, ils tourneront les talons, cela n’est pas très glorieux. La même hypocrisie concerne les personnes qui seront à la fois candidats à la Région et à l’Europe. Quel est le sens de ces doubles candidatures ? Même les écologistes, qui semblaient échapper à ces pratiques politiciennes, semblent être tentés de placer Jean-Claude Defossé (ex-RTBF) sur les listes régionales et européennes.

Bien sûr, les grands stratèges des partis politiques assureront que "les autres" le font aussi et qu’à l’étranger, on pratique aussi ce genre d’ubiquité électorale. C’est regrettable. La règle devrait être celle-ci : on est candidat dans une seule assemblée; on siège là où on est élu. Et enfin, quand un ministre est candidat dans une autre assemblée que celle devant laquelle il est responsable, il démissionne.

Trop rigide ? Non. Simplement logique et respectueux de l’électeur.

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