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Flandre

Baromètre politique: La Lijst Dedecker devance l’Open VLD

Mis en ligne le 30/03/2009

La LDD devance désormais les libéraux de Bart Somers et Guy Verhofstadt. Le SP.A paraît en perdition, tandis que le CD&V redevient maître du jeu.

Cela devait arriver : pour la première fois, le plus grand parti à se réclamer du libéralisme en Flandre n’est plus l’Open VLD mais la Lijst Dedecker. Certes, avec 0,3 pc d’avance (à 16,6 contre 16,3 pc), la différence n’est pas statistiquement significative mais le symbole est lourd.

Lors de sa première apparition dans notre sondage, deux mois après sa création (en mars 2007), le parti de Jean-Marie Dedecker affichait seulement 2,3 pc contre 18,2 pc aux libéraux de Guy Verhofstadt, et personne ne pariait un kopeck sur sa survie au-delà des élections législatives.

La LDD à la Région ?

Or, si rien ne change d’ici juin, la LDD - en deuxième position en Flandre - paraît en bonne place pour prendre quelques portefeuilles ministériels au sein du prochain gouvernement flamand, deux ans seulement après sa création : du jamais vu !

Au détriment de qui ? Pas très compliqué de le deviner. Le SP.A est à un plancher historique : 13,7 pc. Il n’y a pratiquement plus qu’un électeur flamand sur huit pour encore envisager de voter socialiste !

Davantage que ses options politiques, le SP.A paie peut-être ses multiples dissensions internes : entre aile gauche (SP.A Rood) et establishment du parti d’abord. Et puis surtout autour de l’arrivée peu concertée des anciens VlPro, en tête desquels le peu socialiste Bert Anciaux.

Décimé, l’ex-partenaire en cartel du SP.A, le SLP (ex-VLPro, ex-Spirit ) paraît à l’agonie avec un misérable petit pour-cent. Mais la rupture du cartel SP.A-Spirit ne bénéficie finalement à aucun des deux partis. Leur score cumulé (14,7 pc) est bien en dessous des plus mauvais scores jamais réalisés à l’époque du cartel.

Avec des verts pas trop en forme, à 6,6 pc (-0,5), la gauche flamande ne totalise que 21,3 pc (!) et ne paraît même plus vraiment en mesure de peser sur le débat politique. Un paradoxe en pleine période de crise bancaire et économique, a priori favorable à la gauche.

Mais on notera que si, dans l’état actuel des choses, l’on imagine mal d’un point de vue politique une éventuelle reconduction de l’actuelle coalition (CD&V-SP.A-Open VLD), celle-ci dispose cependant encore d’une courte majorité des voix avec 51,2 pc. Une coalition CD&V-LDD-Open VLD obtiendrait, elle, 54,8 pc des voix. Avec l’apport de la N-VA, elle serait à 61,3 pc. Dans tous les cas de figure, libéraux et chrétiens-démocrates paraissent condamnés à s’entendre.

Le CD&V arbitre

Car s’il y a un autre parti à bénéficier des mauvais résultats de l’Open VLD et du SP.A, c’est bien le CD&V. Avec 21,9 pc, les chrétiens-démocrates comptent à nouveau 5 points d’avance sur tous leurs concurrents. C’est suffisant pour revendiquer la main pour la formation du prochain exécutif communautaire et régional. A priori, Kris Peeters peut envisager avec sérénité sa reconduction en tant que ministre-Président. Quant aux ex-partenaires du CD&V, la N-VA de Bart De Wever, ils ne cartonnent pas vraiment (comparés à la LDD qui chasse sur les mêmes terres) mais accomplissent néanmoins la plus forte progression du classement, à 6,5 pc (+1,7).

Enfin, le Vlaams Belang s’affiche en légère hausse pour la première fois depuis trois ans. A 15,3 pc (+0,5), il réédite son score d’il y a six mois mais reste à plus de dix points de son maximum (26,6 pc). C’est donc bien probablement dans les eaux du parti d’extrême-droite que la Lijst Dedecker a été pêcher le plus d’électeurs.

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