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1er mai

Charleroi, ses chapelles et ses antiennes

Philippe Mac Kay

Mis en ligne le 02/05/2009

Le 1er mai PS carolorégien a des rites incontournables. Mais l’église socialiste n’est pas à l’abri de schismes.

La tradition du 1er mai carolo a ses chapelles, distinctes depuis quelques années. Une fois les discours assumés, avec leurs délégués syndicaux et mutuellistes en front commun temporaire dans l’auditorium de l’Université du Travail, elles se sont fondues cette année encore dans un cortège rapide. C’est ce qui s’est passé hier, après une bonne heure de discours consacrés à des assauts répétés contre la crise économique et financière mais aussi contre les libéraux, porteurs pour les orateurs de tout le mal que ces derniers mois ont pu véhiculer. Les jeunes, Christian Dupont, Patrick Moriau et Paul Magnette y sont tous allés de leurs coups de boutoir : l’ennemi premier est le libéralisme, mais d’autres, aussi, ne peuvent échapper à la vindicte du PS, même si, comme l’a souligné Christian Dupont à l’heure actuelle, "toutes les coalitions sont possibles, y compris sans nous". Et on n’a évidement pas échappé à la "Lutte finale" qui bannit de manière séculaire les calotins, c’est dit et redit.

Il y a dans les petites musiques du Premier mai, des chroniques répétitives auxquelles on n’a évidement pas échappé au départ de l’auditorium de l’Université du Travail où officiait sous le soleil, un quintet façon New Orléans, "King Charles Jazz". C’était avant l’accès à une bonne heure de discours de circonstance, et la descente vers la "Maison des Huit Heures", chapelle définitivement consacrée à ce type d’office, place de la Ville Haute. Les refrains sont connus marqués là aussi du sceau de l’infamie ultralibérale, dans une économie fracassée par les turpitudes bancaires que seul ce même libéralisme a pu autoriser. Et que seul le PS peut empêcher de se renouveler. Ils l’ont tous répété, depuis les jeunes jusqu’à Paul Magnette, en passant par l’Europe qu’a pu faire tonner un Patrick Moriau au mieux de ses élans de meetinguiste, et par un Christian Dupont, d’une efficace sobriété. Le PS, régulièrement applaudi par un auditorium comble, est le salut, c’est entendu. Cela compris, restait à descendre en fanfare jusqu’à la "Maison des Huit Heures" qu’a désertée cette année la famille Van Cauwenberghe : il est des absences plus pesantes que des présences rebelles. On a joué en terrasse barbecue et Karaoké surprise avec un ancien échevin revenu en voix, un Patrick Moriau en idole des jeunes. Un militant, costumé en ancien colonel de l’armée des Indes, reconverti en promeneur de mobylette s’est emparé du micro, avant que retentisse, sous le soleil, "Pays de Charleroi" à la clarinette. C’est aussi cela, le Premier mai du PS carolo. Quand il semble qu’on le déserte pour des collages meilleurs, des politologues de comptoir expliquent que rien ne va plus mal, et qu’ils sont partis militer ailleurs. Ailleurs, place de la Digue, c’est la fête multiculturelle de la FGTB. Il y en des tablées entières, et qui mangent, et qui boivent, et qui s’amusent : un glissement, sans doute, vers une autre fête, avec le rêve qu’un jour peut-être, PS et FGTB la conduisent commun.

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