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ELECTIONS 09
La Flandre n’est plus si sûre d’elle
Christian Laporte
Mis en ligne le 05/05/2009
Les mesures radicales prises par des communes de Hal-Vilvorde qui entendent empêcher l’Union des Francophones et les candidats francophones à l’Europe d’afficher dans la langue de Voltaire pourraient se retourner contre elles Et vers la Flandre dans son ensemble !
Hal compte donc réserver l’affichage électoral aux seuls partis flamands alors qu’Affligem surcollera d’affiches blanches tout message francophone. Les communes d’Opwijk, Merchtem, Beersel, Kapelle-op-den-Bos, Machelen, Ternat et Meise comptent elles régler la question en empêchant tout collage. Ce qui sanctionnera aussi les partis flamands. Enfin, on a appris que l’on découragera aussi la distribution par la Poste de tracts en français !
Mercredi dernier, le seul député francophone de Flandre, Christian Van Eyken interpellait le ministre flamand de l’Intérieur, Marino Keulen sur la question. L’Excellence Open VLD généralement très prompte à réagir lorsque l’infraction se situe dans le camp francophone avait répondu qu’il ne pouvait pas s’y opposer car l’affichage est libre et pas soumis aux lois linguistiques. Le CDH a cependant rappelé lundi que le Conseil d’Etat avait confirmé dans deux avis du 3 février 2009 que l’interdiction de la propagande électorale faite dans une autre langue que celle de la Région était anticonstitutionnelle car elle viole le principe de la liberté de l’emploi des langues consacré dans l’article 30 de la Constitution. De son côté, Christian Van Eyken et l’UF mettront tout en œuvre pour que les règles soient respectées. "Tout simplement parce qu’il s’agit de faire respecter l’équité et la démocratie "
On pourrait penser que la Flandre reste indifférente à toutes ces formes d’ostracisme. Il n’en est rien En fait, les interventions du Conseil de l’Europe à propos de la non-nomination des trois bourgmestres et de l’Organisation des Nations-Unies à propos du "wooncode" ont fini par émouvoir certains milieux juridiques.
C’est si vrai que ce vendredi 8 mai, l’Institut de droit constitutionnel de la KU Leuven organisera sous la houlette d’André Alen un colloque sur ce qui est permis ou pas en matière d’exigences linguistiques. On ira bien au-delà de la problématique électorale : c’est Merchtem qui refuse la publicité en français sur le marché, ce sont Zaventem, Zemst et Vilvorde qui font dépendre l’acquisition de logements sociaux de la connaissance du néerlandais. Sans parler d’Overijse et son point de réclamation/délation contre les entreprises qui diffusent des publicités non néerlandaises. Le colloque fera quelques rappels utiles.
Le comité des droits de l’Homme de l’Onu n’a pas hésité à condamner le Québec qui avait interdit l’anglais sur les devantures des magasins. Le même comité avait aussi puni la Namibie qui avait imposé à ses fonctionnaires de ne pas répondre aux questions en afrikaans même s’ils le parlaient... Des mesures que ne pourraient pas contrecarrer les autorités flamandes même en nommant un fonctionnaire/ambassadeur dit de (bonne) réputation pour redresser leur image...
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