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démission donfut

Expert moderne, PS ancien

Paul Piret

Mis en ligne le 13/05/2009

Didier Donfut aura été le troisième ministre wallon de la législature à la Santé et à l'Action sociale. Ce vrai modeste peut être vraiment confus.
Portrait

J’étais sur Mars (comprenons : les Affaires européennes, à l’étage fédéral), je suis redescendu sur Terre (à l’Action sociale, à l’étage wallon). Mais les fonctions sont passionnantes pour un socialiste et un homme de terrain." Ainsi Didier Donfut se présenta-t-il à Namur, début 2008, dans son neuf costume régional. Et comme on lui demandait s’il ne jalousait pas le néo-camarade Paul Magnette parti en sens inverse de son département à des fonctions fédérales climatiques plus visibles, il y alla d’un "Moi, je suis un technicien."

On comprit bien le propos, réellement modeste. La situation n’était pas glorieuse (en épinglé). Donfut n’est pas une "bête", lui que la discrétion caractérise - hors Mons-Borinage où il compte familièrement et familialement parmi des meubles socialistes patinés. Cette fonction est un poste fort gestionnaire, loin des prospectives voire de l’épate d’autres attributions. Enfin, tout respect dû, il est vraiment un technicien.

Ingénieur commercial de formation, ce natif de Mons en octobre 1956 a entamé sa carrière au cabinet économique de Willy Claes. Après un passage dans le logement social, il est expert en énergie pour les communes puis "cabinettard" chez Cools et Tobback. Les mandats suivent : locaux, de conseiller CPAS à bourgmestre (en 1992) à Frameries; parlementaires, à la Chambre en 1989 et au Parlement wallon en 1995; ministériels, d’abord fédéraux (Affaires européennes en 2004, et en affaires courantes aux Affaires sociales après les élections de 2007 pour remplacer celui qui est aujourd’hui son intérimaire à Namur, Rudy Demotte).

"Je suis plus pragmatique que Christiane (Vienne) et Paul (Magnette), prévint encore le nouveau ministre wallon. J’arrive à un moment où je ne vais pas inventer la poudre. L’important, c’est de concrétiser." Il sera, surtout, grand distributeur de subsides : le fameux milliard, essentiellement fédéral, aux hôpitaux préparé de longue date (par chance, le budget correspondait aux demandes); des enveloppes aux maisons de repos (que Magnette avait eu le temps d’arracher de ses collègues accaparés par un certain Marshall); des subventionnements de crèches. Ça, ce fut son initiative à lui, que la publication rocambolesque de tableaux très politisés rendit contre-productive. Bien sûr, on savait que de tels choix ne tombent jamais du ciel. N’empêche, pareille extériorisation fit jaser au point que - déjà - on entrevit son avenir ministériel menacé. Enfin, hélas pour lui toujours, l’embouteillage de fin de législature passa pour rien le vote de 6 décrets et l’octroi de projets sociaux des fonds européens. Quitte à ce que l’on se braque plutôt sur cette invitation à la fête de la fédération Mons-Borinage du PS (qu’il préside) envoyée par méprise aux sympathisants du club de basket de Mons-Hainaut (que ce multiple mandataire préside aussi). Injuste ? Ingrat ? Mais il s’excusa... en réitérant autrement l’invite, de quoi le ranger parmi les socialistes "à l’ancienne" qui "n’ont pas encore compris"...

Du reste, si beaucoup saluent un caractère très affable, une nature sérieuse et méthodique, d’autres relèvent que le désintéressement n’a jamais été son fort. Tsss, les mauvaises langues.

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Courants d'air

Et de trois. Sous la législature rouge-orange qui s’éteint, une fatalité aura pesé sur le portefeuille wallon de l’Action sociale. Car Didier Donfut, à sa nomination, le 21 décembre 2007, y fut le troisième ministre PS et hennuyer en six mois. Autant qu’à la Présidence du gouvernement, en trois ans. Mais si nul n’a oublié la procession Van Cau/Di Rupo/Demotte qui hanta l’Elysette, c’est moins sûr de ce département qui aurait pu être dédié aux courants d’air comme l’église du "Petit baigneur" Rappelons donc. Christiane Vienne commença, troublée par les dominantes économiques du moment; ébranlée par le sac à nœuds de l’Awiph; fragilisée par une insuffisance d’intégration dans un establishment PS pour qui elle est au mieux un gage, sinon un alibi, de l’ouverture aux "chrétiens de gauche". Paul Magnette le météore la suivit, juste le temps de se faire ses premières dents. Avec Didier Donfut, bosseur, pragmatique, le choix était plus convenu, mais plus stable. Croyait-on. P. P.

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