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Portrait : Rik "Remmery" après l’affaire
Pierre Gilissen
Mis en ligne le 15/05/2009
Pour ceux à qui son nom dirait quelque chose mais qui ne situeraient plus très bien, il a fait ajouter un macaron "l’affaire Remmery" sur ses affiches et deux pages de coupures de presse de l’époque dans son dépliant. C’était le 22 novembre 2004 : Rik "Remmery", de son vrai nom Rik Vannieuwenhuyse (Remmery, c’est le nom de son épouse et c’était celui de sa société), patron d’une société de spécialités alimentaires à Ledegem, près de Roulers, reçoit une première lettre anonyme de menaces. Celle-ci lui enjoint de mettre à la porte l’une de ses employées, Naïma, ou de lui interdire de porter le voile. Sinon, l’auteur de la lettre mettra le feu à l’usine. Suivent une dizaine d’autres missives, pendant un an.
Le mari d’une employée mécontente est soupçonné - il y a des traces de son ADN sur un timbre-poste - mais finalement relâché. Rik Remmery n’obtempérera jamais mais cède son affaire fin 2005 : "C’était devenu invivable. Les chaînes de grands magasins avaient peur d’acheter nos produits et j’ai commencé à avoir de gros ennuis de santé."
Son entreprise, c’était sa vie. Après treize ans comme policier à Roulers, il était parti de zéro (un élevage d’escargots... en 1987 pour arriver à une PME exportant dans le monde entier et occupant 120 personnes. Et pourtant, si c’était à refaire, il referait pareil. Parce que, pour lui, le seul moteur derrière toute cette histoire, c’est le racisme, "même si, à un moment donné, la presse s’est mise a imaginer tout autre chose. Naïma était une employée modèle, un modèle d’intégration".
Il pense alors un temps se retirer en Gascogne, où il a une maison, mais publie d’abord un livre sur l’affaire et, suite à la publication, il est approché par plusieurs partis. Il n’hésite pas longtemps. "J’avais eu beaucoup de soutien à l’Open VLD et c’est là que je me sentais chez moi." Un ami commun organise un dîner avec Vincent Van Quickenborne et, en juin 2008, il prend une carte du parti. Son programme est, de fait, très bleu : encadrer le droit de grève, faire rouler les camions la nuit, détaxer les heures supplémentaires : on l’imaginerait mal au SP.A.
Mais il est aussi trop Belgicain pour le CD&V. "Je suis pour une refonte de l’Etat fédéral mais aussi pour le maintien de la Belgique et je suis ouvertement royaliste. Tous mes plats préparés portaient la mention "Made in the gourmet kingdom of Belgium".
Veut-il être la voix des entrepreneurs ? "Il ne sont que 2 % de la population en Belgique. Et un parti ne peut plus être seulement le parti d’une classe sociale. Ce temps-là est révolu." Il est deux fois candidat : 7e sur la liste provinciale de Flandre occidentale, 7e aussi sur la liste européenne. S’il pouvait, il choisirait l’Europe, mais là, il n’a "pas l’ombre d’une chance", alors il mise surtout sur la Région, tout en faisant "honnêtement campagne pour les deux". A la province, ce n’est pas gagné d’avance non plus -les libéraux ont actuellement quatre députés -mais c’est jouable. En théorie, il lui faudra battre... Dany Verlinden, l’ancien gardien de but de Bruges, 4e de liste. Il fait les marchés, du porte à porte, et participe encore à des réunions "européennes" aux quatre coins de la Flandre. Epuisant.
Mais en politique, on ne peut pas avancer au pas de charge comme dans l’industrie, en est-il conscient ? "Oui, la politique, c’est s’investir à 300 % pour ne récolter que des critiques." Cela ne lui fait pas peur. Beaucoup ont tenté de le dissuader, mais l’affaire Remmery lui a tanné le cuir. Elle lui a fait tâter le feu des médias et rencontrer beaucoup de monde. "Quand je discute avec des hommes politiques, c’est un milieu où je me sens bien. Et "représentant du peuple" ("volksvertegenwoordiger" -député en néerlandais), c’est quand même un mot magnifique..."
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