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ELECTIONS09
Baromètre politique: les Belges veulent du changement
P.P., C.Le et P. G.
Mis en ligne le 01/06/2009
Ecolo dépasse les 20%
Depuis les exclusives décochées entre PS et MR, la question du leadership en Wallonie a gagné – encore – en relief. Or elle paraît plus ouverte que jamais. C’est dire : et l’enjeu, et le suspense !
Réalisé en plein dévoilement de “l’affaire” Donfut, notre baromètre maintient les socialistes devant les réformateurs. Mais de si peu (0,4 %, englouti par la marge d’erreur) qu’il est plus raisonnable de les dire ex aequo. Le rapport est à ce point serré que, si les urnes viennent à le confirmer dans cinq jours, on ne peut exclure que l’un des partis arrive en tête en voix et l’autre en sièges. Ce qui pourrait ouvrir à d’homériques interprétations pour identifier le véritable premier… Quoi qu’il en soit, par rapport aux régionales de 2004, les intentions de vote constituent une lourde défaite pour le PS et un progrès mineur pour le MR. Sous réserve de 8,8 % de sondés sans réponse.
Derrière eux ? De récents sondages ont hissé Ecolo à hauteur des PS et MR. Sans aller jusque-là, la présente enquête tend à confirmer la vague verte. D’une part, Ecolo conforte sa troisième place qu’il avait ravie au CDH lors de notre précédent baromètre (il faut remonter à mars 1998 pour retrouver le premier basculement du genre, qui tint jusqu’en septembre 2002). D’autre part, bardés de neuf progressions trimestrielles consécutives (hormis en décembre dernier), les écologistes dépassent le cap hautement symbolique des 20 %. Un cap qu’ils n’avaient même pas atteint, avec 18 % et quelque, lors du scrutin historique de 1999 qui leur avait forcé les rayons de l’arc-en-ciel. Du coup, leur ascendant sur un CDH en perte a grimpé en trois mois de 1,4 à 5,5 % ; alors que les orange avaient devancé les verts jusqu’à 12,8 % en juin 2005. Bref, décidément, aucune bipartite ne paraît arithmétiquement réalisable en Wallonie. Sauf bien sûr une “violette” PS/MR qui désormais, jusqu’à preuve du contraire, est assénée politiquement impossible.
Le MR qui se cherche continue à plonger
l faut bien l’avouer : dans la région centrale du pays, il y a beaucoup moins de suspense qu’en Wallonie. Le Mouvement réformateur reste en effet l’incontestable premier parti bruxellois mais il perd quand même encore près d’un pour cent par rapport à notre baromètre politique du printemps. Avec 27,1 % des intentions de vote, les libéraux et leurs alliés du FDF restent également bien en deçà de leur score aux régionales de 2004 (28 %), mais surtout de leur performance aux fédérales d’il y a deux ans (32 % !) Il n’est pas certain du tout que la famille bleue-amarante ait pu faire oublier dans l’opinion ses divergences et ses bisbilles de la fin de l’hiver autour de l’accueil ou non dans ses rangs de Rudy Aernoudt. Par contre, on se demandait en mars si le PS n’allait pas être dépassé par Ecolo qui le talonnait à 0,2 %. C’est chose faite, mais pas dans les proportions que l’on imagine dans le contexte de la campagne électorale ! Les verts, déjà fort hauts, il est vrai, dans les intentions de vote bruxellois, ne progressent que de 0,2 %, mais les socialistes perdent 1,2 % dans la bagarre. Par rapport aux régionales de 2004, Ecolo avance de 11,2 % là où le PS recule de 10,4 %.
Quant au CDH, il progresse certes encore de 0,3 % (14,8 %) et fait mieux qu’aux fédérales de 2007, mais il n’engrange visiblement pas tous les fruits de son profil de parti urbain. Si l’extrême droite incarnée par le FN fait du surplace avec 3 % des intentions de vote, l’on assiste à une avancée des autres petits partis, et notamment de la gauche radicale qui semble avoir le plus profité cette fois du recul socialiste.
Du côté néerlandophone, l’Open VLD (3 %) conserve de justesse son leadership face au Vlaams Belang qui remonte alors qu’il est totalement absent de la scène politique ! Si le CD&V reste stable et si le SP.A avance d’un chouïa, la Lijst Dedecker connaît un recul semblable à celui qu’elle encaisse en Flandre.
Le CD&V conserve le leadership
e la deuxième à la cinquième place ! Un parti qui perd presque 5 % d’une édition à l’autre de notre sondage, cela n’arrive pas tous les jours. C’est la dégringolade pour la Lijst Dedecker (de 16,6 à 11,9 %), qui était pourtant en croissance continue depuis les dernières élections fédérales il y a deux ans. Voilà qui change considérablement la donne : du coup, la reconduction de la coalition actuelle (CD&V, Open VLD, SP.A) semble de nouveau du domaine du possible : cette tripartite obtiendrait 53,1%.
Bien sur, même en légère progression, le SP.A reste, avec 14,3 %, un parti bien mal en point. Mais en Flandre, les socialistes ne sont “infréquentables” ni pour le CD&V, ni pour l’Open VLD, deux partis pratiquement assurés de faire partie du prochain exécutif. A 17,2 %, les libéraux se rapprochent des chrétiens-démocrates (21,6 %) en légère baisse, mais ceux-ci conservent leur modeste leadership.
Le parti qui bénéficie le plus de la chute de la Lijst Dedecker, c’est la N-VA : elle progresse de 2,7 points à 9,2 %, un score dont le parti de Bart De Wever n’a jamais été crédité à aucun moment de son histoire. Avec l’adjonction de la N-VA, une tripartite classique obtiendrait une majorité beaucoup plus confortable : 62,3 % des suffrages. Les blessures laissées par la rupture du cartel sont peut-être encore trop fraîches pour envisager un tel scénario. Mais, depuis l’affaire Dirk Vijnck, celui de libéraux montant dans le même bateau que la LDD, cette dernière de surcroît en perte de vitesse, tient encore moins la route. Si tout ceci se confirme le 7 juin, le prochain gouvernement flamand pourrait donc finalement ressembler bien plus à l’actuel que ce qu’on croyait.
Enfin, on notera l’absence de marée verte en Flandre (Groen ! en légère baisse à 6,3 %) et une remontée, pour la deuxième fois consécutive, du Vlaams Belang, avec 16,2 %.
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