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Judiciaire | Meurtre

Cindy a tué son mari. Puis l'a brûlé

R.P.

Mis en ligne le 06/06/2009

Cindy a tué son mari à la hache, l'a surgelé, puis débité en morceaux, afin de le brûler dans l'âtre familial. Elle s'est fait aider par son précédent époux.

Le contraste est saisissant entre le quartier riant et calme où le drame s'est déroulé et le caractère sordide de ce dernier. Cela se passe donc au "Bois de Rognac", à Neupré en périphérie liégeoise, un endroit plutôt huppé. Cindy Salibra, âgée de 34 ans, signale en janvier dernier la disparition de son mari, Mario Giuffrida, dix ans plus jeune. Comme le précisait vendredi un quotidien, en brisant un embargo demandé par le parquet de Liège, elle explique alors aux policiers qu'ils s'étaient disputés et qu'il avait quitté le domicile.

Toutefois, une chose avait fait tiquer les enquêteurs : la disparition "véritable" de l'époux, qui n'avait laissé aucune trace. Plus le moindre mouvement sur son compte bancaire, par exemple. Alors qu'un mari qui va à l'hôtel, fait le plein d'essence ou s'achète à manger laisse généralement beaucoup de traces. Mario, lui, n'existait plus nulle part. D'où, sans doute, la naissance d'une suspicion qui n'allait que s'accentuer avec le temps. Une perquisition minutieuse a ainsi été effectuée au domicile familial. Et des éléments suspects ont été découverts (comme des traces de sang, malgré lavage). D'autres indices ont ensuite convaincu les policiers qu'il était nécessaire de réinterroger Cindy, bien qu'elle soit mère de six enfants (dont deux sont assez malades). C'est toujours délicat, mais ils n'avaient pas tort...

Mardi, ils l'ont donc à nouveau questionnée et, à l'usure, l'ont conduite à faire des aveux. Oui, elle et Mario s'étaient disputés. Non, il n'était pas parti. Oui, elle l'avait tué. A la hache.

Et d'expliquer qu'elle avait ensuite fait appel à son premier mari pour l'aider à se débarrasser du corps. Méthode retenue : faire croire à une disparition; surgeler le cadavre; le débiter ensuite à la scie par petits morceaux; brûler le tout dans le foyer à bois de la maison. Ce qui a pris trois nuits. Des nuits d'horreur...

L'ex-époux, qui est également passé aux aveux, a été laissé en liberté. Il risque bien sûr une inculpation pour recel de cadavre (mais le droit est plus clément pour les parents proches, ex-mari compris, dans ce genre de cas). La meurtrière, elle, a finalement été placée sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction, mercredi. Et risque de son côté de ne pas sortir de sitôt du milieu carcéral.

Hormis la colère, mise en avant comme explication, on ignore à ce stade si d'autres raisons doivent être prises en compte. Toujours est-il que le voisinage se plaignait d'allées et venues incessantes de plusieurs personnes, d'insultes fréquemment vociférées, d'enfants mal élevés...

Sordide, en tout cas.

© La Libre Belgique 2009

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