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ELECTIONS09

L’Empereur tance le Petit Prince

P. V.

Mis en ligne le 13/06/2009

Pour Elio Di Rupo, les pratiques de Guy Coëme sont " ce qu'on doit extirper ".

Cela fait des années qu’il le dit chaque fois que cela arrive, et il l’a donc redit vendredi : pour Elio Di Rupo, les missions de consultance menées par Guy Coëme parallèlement à ses fonctions de député et de bourgmestre de Waremme, avec une rémunération de 4 000 euros brut par mois à la clé (LLB, 12/6), posent "un nouveau problème" sur "le plan éthique", un problème qui est "typiquement ce qu’on doit extirper".

Interrogé alors qu’il arrivait au siège de la présidence du Parlement de la Communauté française - où il devait recevoir différents interlocuteurs dans le cadre des négociations postélectorales -, le président du PS n’a pas mâché ses mots en parlant, à propos des faits épinglés dans la presse du jour, d’"une de ces affaires qui fait partie de la vieille école" et qu’il faut "absolument cesser".

Est-ce à dire que le "Petit Prince" waremmien, comme il est toujours insolitement surnommé, pourrait être convoqué sous peu au comité d’audit du Parti, chargé du contrôle du respect des règles légales, statutaires et déontologiques par les mandataires ? Nenni ! Car outre que ledit comité s’est montré fort peu proactif jusqu’ici, ce n’est pas sur ces plans-là que le bât blesse pour le boulevard de l’Empereur. L’affaire est éthique et à ce titre, elle fournira du pain sur la planche à une autre équipe dont la mise sur pied a été récemment annoncée, en vue notamment d’"examiner au cas par cas les situations individuelles".

Pour Guy Coëme, toutefois, la critique présidentielle n’est plus d’actualité : "J’ai mis fin à tout. J’ai tiré les conclusions. Je me tourne vers l’avenir", proclame-t-il. Au début mai, en effet - et sans qu’il y ait de lien avec l’affaire Donfut, assure-t-il -, il a été mis fin au contrat de consultance qui le liait depuis fin 2007, via la société de son fils Canyon International, à l’Association pour la promotion des intercommunales liégeoises (April), dont il avait été directeur général entre 1996 et 2007. Motifs : la mission était terminée et il fallait soulager les comptes de l’ASBL, qui sont dans le rouge.

Cette collaboration est toujours demeurée parfaitement légale, plaide l’intéressé : "Ma situation était exactement semblable à celle de beaucoup de mes collègues qui, comme députés, comme députés bourgmestres, exercent une activité complémentaire en plus de leur mandat politique : avocat, médecin, notaire " Des questions ont été néanmoins soulevées sur la manière dont l’élu s’est acquitté de l’obligation de déclarer ses mandats.

Par ailleurs, selon nos informations, d’autres dossiers, relatifs cette fois à la période de direction de l’April par Guy Coëme, pourraient bien monter en surface. Il est question, en particulier, de son rôle autour de 2001, avec sa casquette de consultant indépendant, dans l’octroi du marché public européen "Bruxelles Nord", un marché de plus d’un milliard relatif à la construction de la plus grande station d’épuration de Belgique, inaugurée le 11 mars dernier. Financé par les Régions bruxelloise et flamande, ledit marché fut attribué à la multinationale française Veolia dans des conditions que les concurrents, arrivés premiers dans l’appel d’offres européen, ont jugées plus que contestables légalement. Guy Coëme s’était livré à un lobbying intense au profit de Veolia. Manifestement, il ne s’est pas fait que des amis

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