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Elections 09
MR : la pression monte sur le président Didier Reynders
Mis en ligne le 17/06/2009
Ils sont furax. Il y a la Liégeoise Christine Defraigne, la Hennuyère Jacqueline Galant, ou encore le Brabançon wallon Serge Kubla. Ils sont furieux sur la manière dont le président du MR a mené la campagne électorale et envoyé, disent-ils, les libéraux dans l’opposition pour cinq nouvelles et longues années. Ils égrènent leur colère çà et là. Mais iront-ils jusqu’à demander à Didier Reynders d’abandonner son cumul présidence/vice-Premier ministre ce mercredi matin lors de l’intergroupe parlementaire ? C’est peu probable.
D’abord parce que la garde rapprochée de Didier Reynders - les Jean-Luc Crucke, Véronique Cornet ou Pierre-Yves Jeholet - cadenasse parfaitement les intergroupes parlementaires en coupant l’herbe sous le pied des contestataires. Ensuite, parce que le "clan Michel" (©) ne bougera pas... Les Michel, nous y voilà ! Charles et Louis observent de (très) près les mouvements de ces derniers jours. Ils entendent la colère des mandataires libéraux contre Didier Reynders, et constatent que les sections locales sont prise d’assauts par des militants dépités... Mais, à ce stade, ils jugent que c’est au président de livrer son autocritique et à faire l’analyse de la débâcle qui s’est produite...
Au vrai, Louis Michel n’est pas candidat à la présidence du MR. Et le seul qui dispose des réseaux suffisants dans le parti pour s’imposer comme successeur de Didier Reynders est Charles Michel. Or celui-ci entend bien demeurer ministre fédéral. Il ne devrait, dans l’immédiat, pas remettre en cause Didier Reynders. Et s’il devait le faire, probablement prendrait-il le soin de démissionner de sa charge ministérielle auparavant...
Et puis, il n’est pas évident du tout qu’un "putsch" soit suivi, par exemple, par le FDF. Le parti amarante se méfie de Louis et de Charles Michel en matière institutionnelle. Il n’a pas digéré avoir été mis dans un coin, en 2001, lors de la négociation de la Saint-Polycarpe. "Louis Michel négociait sans nous consulter, confie un cadre du parti. Il nous appelait parfois à 3 heures du matin quand tout était dit. Didier Reynders, lui, il associe Olivier Maingain à toutes les discussions institutionnelles. Il a toujours été correct avec nous."
Dans l’immédiat, Didier Reynders n’entend pas abandonner l’une de ses deux fonctions. Il l’a dit mardi à la RTBF, et l’a répété lors d’une réunion en comité restreint dans la matinée. Là, l’hypothèse de confier au FDF Didier Gosuin - l’un de ceux qui se sont le plus exprimés sur la stratégie de Didier Reynders - le poste de chef de file de l’opposition bruxelloise a été évoquée. Le calendrier joue en faveur de Didier Reynders. Un intergroupe se tient donc ce mercredi. Et Didier Reynders devrait vraisemblablement passer outre les critiques. Mais le débat de fond sera postposé. On prétextera que la négociation n’est pas terminée et qu’avec Ecolo, on ne peux jamais exclure un retournement d’alliance et on tentera de passer les vacances d’été au calme.
Que reproche-t-on, concrètement, à Didier Reynders ? Ce constat, cinglant, presque sifflé par un mandataire MR : "Comme président de parti, Didier Reynders a eu un coup d’éclat, puis il a tout gâché." Son coup d’éclat ? Un chef d’œuvre : avoir dépassé le PS en Wallonie à la faveur du scrutin fédéral de juin 2007. A ce moment, il dispose d’un jeu d’enfer. Il a la main, et toutes les cartes maîtresses. Mais il se montre incapable d’en faire bon usage. Sa tentative de mettre sur pied en 2007 une Orange bleue qui écarterait le PS du pouvoir est un échec. Didier Reynders est même obligé de ramener les socialistes dans la négociation fédérale. Et puis voilà qu’il échoue lourdement dans sa tentative de ramener le MR dans les majorités régionales et communautaires en dépit de ses ambitions publiquement affichées.
En coulisses, les critiques fusent. On lui reproche principalement deux choses : son cumul et cette manie qu’il a de toujours cogner durement ses adversaires politiques. Mais que gagnerait le MR à se déchirer maintenent à la face du monde ? Pas grand-chose...M. Bu. et V. R.
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