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Négociations | PS-Ecolo-CDH

L’Olivier en Wallonie ? Ce n’est pas encore fait

V.d.W.

Mis en ligne le 22/06/2009

Certes, les conversations PS-Ecolo-CDH ont bien débuté. Mais pas encore les vraies négociations. Dans les coulisses, certains croient... à l'échec !

Les négociations pour la constitution de majorités de type Olivier (Ecolo-PS-CDH) à Bruxelles, en Communauté française et en Région wallonne se poursuivront ce lundi. Au programme : l’environnement (avec une rencontre avec Jean-Pascal van Yperseel) et les questions budgétaires. Même si les choses avancent bien et sereinement, des questions se posent sur les chances de réussite.

1 L’Olivier sera-t-il bien planté ? De toutes parts, on confirme que cet Olivier est en train de prendre racine. Mais il faut bien préciser que, jusqu’ici, les partenaires du PS, d’Ecolo et du CDH ont effectué la partie du travail la plus simple et la moins conflictuelle, à savoir : écouter les partenaires sociaux et autres associations. Mais deux obstacles vont se présenter à eux. Le premier, c’est le cadre budgétaire. Même si l’on retient le scénario très optimiste de l’actuel ministre du Budget, Michel Daerden (un déficit de 750 millions, alors que le professeur Deschamps des Facultés de Namur évoque, lui, un trou de 1,6 milliard d’euros pour la Région wallonne, Bruxelles et la Communauté française), il reste donc peu de place pour des initiatives nouvelles. Une sécheresse budgétaire qui cadre très mal avec les innombrables projets que la nouvelle majorité aura à cœur de mettre en place. De plus, l’examen budgétaire wallon n’est pas terminé : certains craignent de découvrir encore des "cadavres". Mais c’est au chapitre "bonne gouvernance et éthique" que les futurs [?] coalisés risquent les plus grands chocs frontaux. Entre la volonté d’Ecolo d’aller le plus loin possible dans la suppression des cumuls et des conflits d’intérêt et dans la dépolitisation de l’administration et celle, du PS surtout, de garder intactes un certain nombre de rentes actuelles, il y a plus que de la marge. Dès lors, sans doute pour calmer les nombreux électeurs Ecolo qui avalent très difficilement le choix socialiste posé par les verts, les négociateurs Ecolo risquent de se montrer très intransigeants dans la mise au point du chapitre "éthique" du futur accord gouvernemental. Au point de provoquer la rupture ? Certains responsables n’excluent pas (voire espèrent ) que cet Olivier puisse se transformer bientôt en cactus. C’est-à-dire ? Que les négociations de l’Olivier échouent.

2 Une Jamaïcaine est-elle encore possible ? La réponse est "oui". D’ailleurs, dimanche midi, sur le plateau de RTL, Jean-Michel Javaux, président d’Ecolo, a lui-même précisé qu’un accord avec le MR était encore possible en Wallonie. Comment cela ? Pour comprendre, il faut remonter à la source qui a fait naître l’Olivier. Ce sont évidemment les urnes qui ont, en grande partie, imposé ce choix. Si le PS n’était pas redevenu premier parti wallon, premier parti en Communauté française avec 10 sièges d’avance, il est acquis que le MR serait, aujourd’hui, à la table de négociation. Dès lors, plusieurs leaders d’Ecolo qui, dans leur tête, avaient fait le choix de la Jamaïcaine (Ecolo-MR-CDH), se retrouvent un peu (mais en sens inverse) comme Joëlle Milquet au temps de l’Orange bleue au niveau fédéral : contrainte et forcée par les électeurs de négocier un accord avec les libéraux, alors que dans son cœur, elle aurait préféré une coalition avec les socialistes. Dans ce cas-ci, les électeurs ont imposé le PS, alors qu’une large part des responsables d’Ecolo attendait le MR (comme à Amay, comme dans le Brabant wallon, comme à Schaerbeek ). De plus, il apparaît que c’est bien la situation bruxelloise (où la poursuite de l’Olivier, rendue possible par l’électeur, était quasiment acquise avant les élections) et le souci d’instaurer des synergies entre les différentes entités fédérées qui ont poussé Ecolo à choisir, finalement, le PS en Wallonie également. Cela dit, ces nécessaires synergies semblent constituer un argument de circonstance : les synergies peuvent également fonctionner, même si les majorités en place sont différentes. Car il reste, chez certains écologistes, comme une nostalgie de ce qui aurait pu être : une Jamaïcaine wallonne avec, à sa tête, un Charles Michel (MR) à la volonté réformatrice non contestée et reconnue, avec, à ses côtés, un Marcel Cheron (Ecolo), un Benoît Lutgen (CDH), voire un Melchior Wathelet (CDH) une espèce de dream team qui aurait pu donner à la Wallonie un nouvel élan. Plus fort qu’avec un certain Michel Daerden. Voilà ce que l’on entend dire et regretter encore dans les rangs des négociateurs, alors même qu’ils sont en train de semer un Olivier ! La politique est parfois remplie de contradictions

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