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Négociations | Région wallonne

Compliqué, le budget

P. P.

Mis en ligne le 25/06/2009

On prévoyait pour ce jeudi une situation budgétaire wallonne qui fasse consensus. C'est trop tôt. En attendant, on reparle d'un plan appelé Marshall.

Après une bonne petite pause parlementaire, les planteurs d’Oliviers ont repris bêches et pioches. Côté wallon, où l’on tourne encore autour des sujets avant d’y tailler à vif, ces dernières heures ont rappelé de nouveau à la rescousse le bon vieux général Marshall.

On se souviendra qu’en toute fin de législature, l’exécutif PS-CDH avait couché sur une vingtaine de pages l’ébauche d’un nouveau plan, à la numérotation branchée "2.0". Exercice assez inhabituel. Il tenait à la fois de la propagande (genre : le plan est si bon qu’il faut continuer), de l’ambition (ou de la prétention, à anticiper sur la majorité à venir et son programme) et de l’autocritique (puisque ses accents nouveaux affichés répondaient de près aux critiques entendues, dès ses débuts, sur le plan d’août 2005). À la sortie du 2.0, le 23 avril, plus d’un y vit d’ailleurs la potentielle plate-forme d’un accord de majorité Olivier. Une perspective qui, en somme, n’était pas totalement absurde.

A toutes fins utiles, pour rappel, le 2.0 recensait trois grands chantiers. Un : créer de l’activité et de l’emploi pour les entreprises, la recherche et l’innovation. Ainsi, valoriser les recherches entamées en pôles de compétitivité, stimuler ceux-ci (et les "clusters"), garantir une politique industrielle globale. Deux, "toujours mieux articuler" enseignement, formation, emploi. Il y était question notamment de "diagnostiquer plus finement encore l’ampleur des pénuries et cibler davantage les solutions à y apporter". Trois, mobiliser le territoire, en recentrant l’offre d’espaces à vocation économique sur les zones urbanisées, etc.

La copie des sortants évoquait aussi deux axes transversaux, plus neufs. Le premier : l’énergie. Avec un plan voulu ambitieux d’améliorer les performances énergétiques du logement et du parc immobilier. Le second : la gouvernance et l’image de marque de la Wallonie. Moyennant des synergies fortes avec Bruxelles et la Flandre, deux Régions auxquelles pourraient s’ouvrir les pôles de compétitivité wallons.

Il y a là de quoi poursuivre, donc, amplifier aussi, réorienter parfois. Avec des insistances sur le développement durable, la gouvernance ou les relations intrafrancophones auxquelles les écologistes n’auront pas dû rester sourds.

Evidemment, pas question pour Ecolo de se contenter de ce prémâché par d’autres. Pas question non plus pour les coalisés sortants de jeter leur exercice à la poubelle. Bref, un bon apprentissage de la vie de ménage à trois. Et, mercredi, les négociateurs ont bien abordé la poursuite d’un plan de relance pivotant sur ces quelques axes : développement économique, développement durable, formation, services aux personnes.

Simplement abordé : travailler plus avant dans un programme de gouvernement, ici comme pour le reste, impose un canevas budgétaire plus précis.

C’est à celui-ci que s’est attelé un groupe de travail de la probable tripartite, dont les conclusions devaient être tirées cet après-midi. Mercredi soir, il est apparu que c’est trop tôt. Dame, c’est qu’il s’agit de réduire le grand écart dans les chiffres entre tel expert (Deschamps) et tel ministre (Daerden). En s’accordant sur des paramètres comme les réserves, l’échéancier des financements alternatifs, les possibilités des invests, l’évolution de la dette et autres éléments macroéconomiques. Qui valent leur pesant d’euros. Et, plus encore, de choix qu’il faudra opérer.

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