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Bisbilles dans l’Olivier
V.R. et M.Bu.
Mis en ligne le 07/07/2009
L’idylle a duré deux semaines. Mais alors qu’il y a une quinzaine de jours, les partis de Jean-Michel Javaux et de Joëlle Milquet jouaient les amoureux transis - Remember : "nous sommes les deux formations politiques du XXIe siècle" -, il apparaît aujourd’hui qu’entre Ecolo et CDH, les relations sont tendues.
"Curieusement, cela se passe mieux avec le PS, confie un négociateur Ecolo. Le CDH va moins loin que lui sur le thème de la bonne gouvernance. Le discours humaniste est très beau. On parle de tornade éthique. Mais la réalité de la négociation, c’est tout autre chose. Il y a un abyme. Quand on aborde la bonne gouvernance, on arrive vite à un fond conservateur, plus conservateur qu’on croit."
Côté CDH, on fulmine contre "la mauvaise volonté d’Ecolo" dans ces négociations. "Avec les verts, il faut toujours tout évaluer, peste un négociateur orange. Rien de concret, que des études ! Mais que pensent-ils ?, s’agace-t-on. Qu’on les a attendus pour commencer à faire de la politique ? Allez, prenez cette magnifique idée sur la suppression de la publicité à la RTBF Fantastique : Ecolo n’a pas le début d’une première piste pour éventuellement financer la contrepartie. Les seuls à qui ça peut profiter, c’est RTL. Ecolo arrive dans les négociations plein de certitudes - que ce soit dans les domaines de l’Energie, de l’Aménagement du territoire ou du Transport. Ils balancent leurs idées loufoques et puis c’est aux autres à se débrouiller avec ça."
Voilà pourquoi plusieurs voix humanistes plaident pour qu’une répartition des compétences intervienne le plus rapidement possible. "De cette manière, ils feront comme bon leur semble dans les départements qui leur reviennent." Un humaniste observe : "Il y a le vieux couple PS-CDH qui se trouve les yeux fermés et un fils adoptif, Ecolo, qui n’en fait qu’à sa tête. En négociation, c’est Jean-Marc Nollet qui tient le crachoir. Jean-Michel Javaux ne dit rien. Sauf après la réunion : c’est lui qui monopolise les caméras de télévision."
C’est peu dire qu’au CDH, on ne voit pas d’un bon œil la place que prend Ecolo dans les médias. On accuse les verts de vouloir s’attribuer le beau rôle. Injustement en plus. "L’alliance emploi-environnement, c’est Joëlle Milquet qui en a parlé la première", fait-on remarquer chez les oranges. Une affirmation aussitôt démentie par les verts. "Le chef de cabinet d’Evelyne Huytebroeck a demandé au Conseil central de l’économie une étude sur l’alliance emploi-environnement allemande en 2005."
A Ecolo, on s’interroge aussi sur la méthode. "Joëlle Milquet veut tout contrôler, tout relire, tout réécrire. Parfois, dans les notes qui nous reviennent, on retrouve l’inverse de ce qui avait été négocié. Cela complique les choses. D’ailleurs, la négociation est beaucoup plus sereine à Bruxelles. Comme par hasard, Joëlle Milquet n’y participe pas."
Et le PS dans tout cela ? Il compte les points. Sans s’énerver. "Ces petites tensions, c’est normal , analyse un socialiste. Ce sont des échauffements de négociation. Chacun doit trouver sa place, montrer qu’il est là, qu’il peut se faire entendre. Et puis, il y a aussi de vrais débats, des débats de fond, riches. Les trois partis confrontent leurs priorités, leurs différences."
Du reste, ce lundi, le climat semblait plus apaisé que durant le week end. Comme après l’orage. La gouvernance avait été imposée au menu du matin. Les choses n’ont pas vraiment avancé. "Mais à cause du manque de temps, pas à cause de nouvelles tensions entre partenaires", précisait-on de toute part.
La limitation des cumuls entre un mandat de député régional et une fonction exécutive dans une commune est revenue sur la table des négociations. Elle butte toujours sur cette question technique : comment faire le tri entre les élus régionaux - au maximum un tiers par groupe politique - qui pourront cumuler et les autres ?
Les négociateurs des Oliviers en Wallonie et en Communauté française sont rapidement passés au plat de résistance : le budget. "C’est une question nettement plus délicate que la gouvernance, explique-t-on. Parce qu’il n’y a eu aucun arbitrage préliminaire. Pour la gouvernance, les grands principes avaient été fixés avant même d’entrer dans la négociation. A la limite, on peut terminer les discussions par là."
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