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remaniement au fédéral
La fine stratégie de Di Rupo
V.d.W.
Mis en ligne le 17/07/2009
Le casting socialiste, il faut bien l’admettre, ne correspond pas, en plusieurs points, aux rumeurs qui circulaient ces derniers jours. Même si Elio Di Rupo avait plaidé pour la stabilité des équipes, il a profité du moment pour jouer une habile partie de stratego.
En Région wallonne et en Communauté française, le choix des compétences opéré par Elio Di Rupo peut surprendre. Le PS perd en effet des matières très importantes. L’Emploi, l’Enseignement obligatoire mais aussi les Finances et le Budget. On sait que dans tout gouvernement la maîtrise budgétaire est essentielle et permet, si pas un contrôle, du moins une surveillance des autres départements. Mais en ces temps troublés, d’aucuns considèrent que le Budget, et toutes les débudgétisations pratiquées par Michel Daerden, était devenu un cadeau empoisonné.
Refiler cette patate chaude au CDH offrait également un excellent argument à Elio Di Rupo pour envoyer au fédéral cet objet ô combien encombrant qu’était devenu Michel Daerden. Et Di Rupo, faisant mine de céder au chantage des autres partis, Ecolo en particulier, qui ne voulaient plus de l’éthylique ministre d’Ans, a pu, de son côté, exiger que soient éloignées ou refusées deux personnes qu’il ne porte pas dans son cœur. Bernard Westphael (Ecolo), jugé trop arrogant et imprévisible, mais aussi Catherine Fonck, ancienne ministre de la Petite enfance et de l’Aide à la Jeunesse que le PS a ouvertement refusée comme ministre de l’Enseignement obligatoire. Pour les socialistes, dès lors que ce portefeuille était promis au CDH, deux personnes pouvaient en devenir les titulaires : Joëlle Milquet ou Marie-Dominique Simonet. C’est la seconde qui a tiré le gros lot. Mais un gros lot qui pourrait bien être très lourd à porter. Car, passées les délicates questions des inscriptions et de la mixité, c’est aussi la gestion du budget enseignement - promis lui aussi à l’austérité - qu’il faudra gérer. Tout cela sous la surveillance quotidienne des syndicats d’enseignants bien décidés à ne plus subir les cures d’amaigrissement des années 90. Un mot encore sur Catherine Fonck. Si le PS, et Elio Di Rupo en particulier, ont mis leur veto, c’est peut-être une manière de lui faire payer l’attitude très dure qu’elle avait adoptée dans l’affaire Donfut.
On notera aussi que, dans la distribution des portefeuilles, Elio Di Rupo a, cette fois, particulièrement bien gâté les Namurois, généralement oubliés par le boulevard de l’Empereur. Depuis Claude Eerdekens, ancien ministre des Sports, les socialistes namurois attendaient leur tour. Ici, Elio Di Rupo fait fort en offrant la Santé à Eliane Tillieux, députée namuroise, et la présidence du Parlement de la Communauté française à Jean-Charles Luperto qui sort enfin du purgatoire où Di Rupo le maintenait après son stupide canular téléphonique.
Comme Ecolo a choisi de confier le perchoir wallon à Emily Hoyos, namuroise d’adoption, c’est le CDH de Namur qui fait figure de parent pauvre. Maxime Prévot, annoncé ici et là, devra attendre que Benoît Lutgen devienne président du CDH pour prendre son portefeuille ministériel.
Reste le cas de Marie Arena. "Incompréhensible" aux yeux de plusieurs camarades. Elle paye, dit-on, ses erreurs passées. Il fallait un équilibre régional, plaide le PS. Elle paye aussi, surtout, disent certains, son attitude, jugée trop rigide par les partis flamands, dans le dossier asile-immigration. Puisque le VLD s’apprête à sacrifier Annemie Turtelboom, il fallait aussi un signe, côté francophone. "C’est totalement injuste", dit un collègue de Marie Arena. "Elle ne faisait que respecter l’accord de gouvernement en la matière." Oserait-on dire que pour elle, l’annonce assez brutale de son retrait a été comme une douche froide
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