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Édito

Ministre à vie ?

Mis en ligne le 17/07/2009

Francis Van de Woestyne

Précaution importante : la politique est un domaine difficile et cruel. Ceux qui s’y lancent sacrifient souvent une partie de leur santé, de leur famille. Mais la désignation des nouveaux ministres régionaux et communautaires et le remaniement du gouvernement fédéral sont interpellants. Pour deux raisons.

La première. La toute puissance des présidents de partis, drogués au pouvoir, est absolue en Belgique. Ils déplacent leurs ministres et secrétaires d’Etat comme des pions, selon les humeurs du moment, en fonction de considérations régionales et politiciennes qui échappent parfois à toute logique. Cette toute puissance et la longévité des mandats présidentiels est dangereuse car elle pousse souvent les candidats à une haute fonction à pratiquer la flatterie - ce mal qui ronge les entourages présidentiels - et réduit ou anéantit la capacité à critiquer la stratégie de ces présidents que souvent on craint plus qu’on admire. Bien sûr, tous les élus ne sont pas des "cirepompes". Mais la tendance à récompenser d’abord les affidés est grande.

La deuxième. On le voit ici, pour certain(e)s : quand un ministre est sanctionné, pour de bonnes ou mauvaises raisons, il faut souvent lui trouver un lot de consolation, une activité, utile ou pas, qui lui permette de sauver la face et sans doute une partie de son salaire. C’est affligeant. Le métier de politicien est, par nature, un métier à risques. Il n’est écrit nulle part dans la Constitution qu’un ministre doit le rester toute sa vie.

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