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Série | Les noyaux de l’Olivier (4)
Un contrat pour jeunes chômeurs
Vincent Rocour
Mis en ligne le 17/07/2009
Voilà ce qu’on peut lire au détour d’une des innombrables pages de l’accord de politique régionale wallonne : "Le gouvernement (wallon) demande l’adaptation rapide du plan fédéral d’accompagnement des demandeurs d’emploi". Curieuse phrase à vrai dire. Car chacun sait que l’accord wallon a été négocié, pour le CDH, par la présidente Joëlle Milquet. Et que la même Joëlle Milquet est aussi ministre fédérale de l’Emploi - donc bras exécutant du dit plan fédéral d’accompagnement des demandeurs d’emploi. En somme, Joëlle Milquet demande à elle-même d’appliquer un dispositif qu’elle a conçu.
La présidente du CDH s’emmêlerait-elle les casquettes ? Pas tant que cela. En fait, si elle est bien l’auteur d’un projet de réforme du dispositif fédéral d’accompagnement des chômeurs, son initiative butte sur le refus des partis flamands de l’entériner. Car pour la Flandre, la politique d’activation des chômeurs n’a plus sa place au fédéral et doit être régionalisée. Joëlle Milquet profite donc de l’accord de majorité en Wallonie pour faire pression sur ses homologues flamands du fédéral.
Croit-elle seulement pouvoir réussir ? Pas sûr. En tout cas, elle a œuvré pour pouvoir garder la main sur le dossier au cas où il serait régionalisé Joëlle Milquet au fédéral, Benoît Cerexhe à Bruxelles et maintenant André Antoine en Wallonie L’Emploi est désormais une propriété exclusive du CDH. On ne pouvait pas faire mieux pour assurer la cohérence d’une politique.
Et de la cohérence en la matière, on en trouve déjà dans les programmes régionaux qui viennent d’être adoptés à Bruxelles et en Wallonie. Singulièrement ce projet d’obliger les jeunes demandeurs d’emploi - s’ils ne disposent pas d’un diplôme de l’enseignement supérieur en tout cas - à conclure un contrat avec l’organe régional de l’Emploi.
A Bruxelles, les chômeurs de moins de 25 ans devront signer sans délai un "contrat de projet professionnel" facultatif jusqu’à présent. En Wallonie, l’accord de majorité parle de l’instauration d’un "contrat d’accompagnement intensif et personnalisé" - lui aussi obligatoire pour les moins de 25 ans. Ces contrats seront individualisés et intégreront des formations, des stages en entreprise, etc.
On aura compris l’intérêt de la démarche : mettre les jeunes le plus rapidement au contact du monde du travail et éviter qu’ils s’enlisent dans le chômage. Mais cette contractualisation a déjà provoqué une fameuse levée de boucliers.
Premier à réagir, le Collectif solidarité contre l’exclusion redoute que ce nouveau dispositif accélère le rythme des exclusions - car un contrat suppose des obligations et donc des sanctions. "Il est d’autant plus aberrant d’imposer à tous les jeunes chômeurs de contractualiser leurs efforts de recherche d’emploi que nous nous trouvons actuellement dans un contexte de récession", tonne Yves Martens, son porte-parole.
Dans les rangs syndicaux, c’est la colère. En front commun. Philippe Vandenabeele, secrétaire régional bruxellois du syndicat libéral, estime qu’un contrat implique la liberté et que c’est un non-sens de le rendre obligatoire. "Imposer un tel contrat aux moins de 25 ans dès les premiers pas de la vie active risque de provoquer davantage de choix par défaut et de démotivation qu’un réel parcours vers un emploi épanouissant", prolonge la FGTB wallonne. La CSC bruxelloise n’est pas en reste. "Au vu des moyens actuellement accordés à Actiris (l’organisme de l’Emploi bruxellois - NdlR), et de l’augmentation du nombre de demandeurs d’emplois induite par la crise, le principe même d’accompagnement personnalisé relève de l’illusion", énonce-t-elle.
Reste maintenant à voir comment, dans ce dossier, se comporteront Ecolo et PS qui, durant la campagne électorale, ont clairement cloué au pilori la façon dont s’exerçait le contrôle sur les chômeurs - a fortiori si on le renforce. Des militants ont interpellé les négociateurs à ce propos. Mais dans ces deux partis, on fait remarquer que le manque de moyens empêchera sans doute de mettre ce projet à exécution dans son intégralité. Et ce pourrait bien être vrai. Récemment, le comité de gestion d’Actiris a convenu qu’une telle mesure est impossible à mettre en œuvre avec les moyens actuels
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