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Édito

Une "taupe" électronique

Mis en ligne le 13/08/2009

Roland Planchar

"La conception selon laquelle la sécurité serait garantie par l’abandon de la protection de la vie privée est un dogme insensé et dangereux", édictait l’an dernier la Ligue des droits de l’homme dans sa pétition relative au déséquilibre entre les libertés civiles, d’un côté, et la sécurité ainsi que le maintien de l’ordre, de l’autre. Mais ce déséquilibre existe-t-il ? On est de plus en plus fondé à le croire.

On apprenait encore aux étudiants, dans les années 70 et 80, à se méfier de "Big Brother", ce système policier totalitaire d’un hypothétique [?] avenir imaginé par George Orwell, en forçant la lecture de son roman devenu mythique, "1984". Le monde politique l’a-t-il oublié ? Il accumule en tout cas les mesures "tout sécuritaire" sans même sembler ciller à l’idée que, ce faisant, il rapproche la société civile du contrôle systématique des personnes.

Alors, conserver en masse, et longtemps, des données privées, livrées par une immense "taupe" électronique ? Braver la présomption d’innocence, puisque police et justice ne doivent s’intéresser qu’aux délinquants ?

On sait que des résultats peuvent être obtenus, comme dans l’affaire "Joe Van Holsbeeck", grâce à des caméras de surveillance. Que, d’autres fois, c’est le ratage, comme avec l’alerte "terroriste" de la Noël 2007. On sait surtout que mettre des moyens de contrôle toujours plus vastes aux mains d’un pouvoir dont le futur n’est, après tout, pas garanti, cela fait peur. "Big Brother" n’est pas encore là. Mais on craint son avènement plus encore que les malfaisants. Or M. De Clerck veut lui faire faire un pas de plus.

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