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Consulat à Marseille: Le style De Gucht en question
Pierre Gilissen
Mis en ligne le 22/08/2009
L’ouverture programmée d’un consulat général de Belgique à Marseille - alors que le Royaume dispose déjà d’un consulat à Nice (LLB du 21/8) - continue à faire des vagues. Le choix de Philippe Bostem, actuel directeur du personnel et de l’organisation au SPF Affaires étrangères, suscite, quant à lui, des commentaires plus discrets.
Pour le secrétaire d’Etat au Budget Melchior Wathelet (CDH), qui n’a appris l’information que vendredi matin, "l’on peut s’interroger sur la pertinence d’ouvrir un nouveau siège consulaire à 200 kilomètres d’un poste existant. Il faudra en apprécier la valeur ajoutée en termes de service pour les Belges, notamment lors des travaux d’élaboration du budget 2010".
Sur le choix même de Philippe Bostem, M. Wathelet dit ne pas le connaître et ne souhaite pas "entrer dans des polémiques de personnes". Mais d’autres sources proches du dossier s’étonnent qu’on ait choisi quelqu’un de l’administration plutôt qu’une personne de la carrière diplomatique. Et d’aucuns mettent aussi en avant le fait que Karel De Gucht ait procédé à cette nomination à la mi-juillet, soit quelques jours avant de quitter ses fonctions de ministre des Affaires étrangères.
Charles Michel, secrétaire d’Etat à la Coopération au développement - et MR, comme le futur consul général de Marseille - réagit également. Pour lui, le débat ne doit pas porter sur l’opportunité d’ouvrir ou non une représentation dans la cité phocéenne mais beaucoup plus généralement sur le réseau diplomatique belge. "C’est un débat important et fondamental : on ne peut pas continuer à décider au coup par coup. Avant Karel De Gucht, ce genre de décision était discuté au niveau du kern mais ici, ce n’est même pas passé au comité de direction des Affaires étrangères, où mon chef de cabinet est présent. Le comité en question aurait dû au moins pouvoir rendre un avis. Nous sommes un petit pays mais qui a un fort ancrage international et la question de notre réseau diplomatique est fondamentale. Il faut que l’on commence à raisonner à l’endroit, en se demandant de quoi la Belgique a besoin et en dessinant le réseau qui correspond, tout en tenant compte du cadre budgétaire des Affaires étrangères, qui est connu. Ces dernières années on a fermé des postes au Cameroun et au Mali, et, dans le même temps, on a ouvert trois postes dans les trois capitales baltes, où l’Union européenne a déjà des représentations. Dans un monde idéal, la Belgique pourrait installer dix consulats dans chaque pays européen, mais cela serait-il vraiment une bonne idée ? En tout cas, j’estime que ce genre de décision ne devrait plus appartenir au seul ministre dans les années à venir", conclut M. Michel.
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