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Partis | Mouvement réformateur
Reynders confirmé. A l’unanimité? Non
V.d.W.
Mis en ligne le 15/09/2009
Ambiance des grands jours, lundi au MR, dans la tour glacée de l’avenue de la Toison d’Or, à Bruxelles. Officiellement, l’ordre du jour des trois réunions qui doivent se tenir ne concerne pas le climat, un peu tendu, qui règne au sein du Mouvement, depuis le 7 juin. Pourtant, c’est cette ambiance qui occupera toutes les discussions. Nerveuses. Mais finalement constructives. Confidences : " Cela fait trois mois qu’on attendait cela ." " Cela a dû être dur pour Reynders, mais maintenant que les choses ont été dites, il va pouvoir repartir du bon pied ." " Oui, il nous a écoutés De la à dire qu’il nous a entendus ! " Au terme des réunions, chacun, on le verra, a sa lecture.
Acte I. 9 heures. La journée débute par ce que l’on appelle un "petit bureau" : il rassemble le président (Reynders), le porte-parole (le député wallon Pierre-Yves Jeholet) et les présidents des composantes (Olivier Maingain pour le FDF, Gérard Deprez pour le MCC et la présidente du parti germanophone). Reynders, " avec gravité et même avec une certaine émotion, mais sans agressivité ", dit-on, retrace ses actes politiques depuis les élections et son programme pour les mois à venir. Il annonce une vaste réflexion qui impliquera toutes les composantes du Mouvement, mais aussi les fédérations, les sections, les membres, sans oublier le monde associatif et les simples citoyens qui seront invités à donner leur avis. Le tout devant conduire au "Printemps des réformes", un congrès où l’on redéfinira la doctrine, le manifeste et le fonctionnement interne du parti. Reynders précise encore 3 éléments :
-il ne faut pas exagérer l’échec du 7 juin, c’est surtout le PS qui a perdu;
-il reconnaît sa part de responsabilité et l’a d’ailleurs confiée, en juillet, aux militants dans une longue lettre;
-le débat a déjà eu lieu lors des Estivales à Redu : il ne comprend donc pas la nouvelle charge du MCC, le mouvement de Gérard Deprez, qui demande qu’il soumette sa présidence à une élection.
Gérard Deprez présente ses arguments : il y a un malaise autour de la stratégie du mouvement et de la personnalité du président. Le mieux est que Didier Reynders remette son mandat en jeu. Dans cette enceinte, Deprez est largement minorisé.
Acte II. 10 heures. Une réunion du bureau élargi. Le scénario est le même.
D’emblée, et comme prévu, Olivier Maingain (FDF) soutient Reynders et rappelle que le souci numéro un c’est la (re) conquête de l’électorat.
Daniel Ducarme regrette le déballage public voulu par le MCC : s’il faut une consultation, c’est sur un thème, pas sur un homme. Que voulez-vous qu’on fasse, dit-il, qu’on pende Didier Reynders, qu’on l’écartèle ou qu’on le guillotine ? Rires.
Christine Defraigne ouvre le feu de la critique : on ne peut pas faire semblant qu’il n’y a pas de malaise et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle agite l’épouvantail Modrikamen qui est plus sérieux que la menace de Rudy Aernoudt.
Reynders renvoie la Liégeoise dans les cordes : oui, il sait qu’il y a un malaise. On en discute précisément. Bon.
La sortie la plus étonnante vient de Willy Borsus, chef du groupe MR au Parlement wallon. L’homme, d’ordinaire discret, prudent, posé, se lâche. Il s’autorise à parler parce que, dit-il, il bénéficie du meilleur taux de pénétration électorale du parti et parce qu’il a le contact facile avec ses militants. Borsus se racle la gorge et argumente :
1. J’ai beaucoup d’admiration pour toi, Didier;
2. Je suis un pragmatique;
3. Ton image est abîmée;
4. Ton cumul pose problème : ce qui passe aux Finances rejaillit de manière négative, sur la présidence du MR.
Suit Olivier Chastel, abonné aux critiques, qui relaye le malaise de sa base.
Acte III. 11 heures. S’ouvre le Conseil, plus élargi encore. Re-rebelotte : Reynders présente les enjeux de la réunion. Les amis de Didier Reynders n’attendent pas.
Sabine Laruelle, la ministre de l’Agriculture, une fidèle de D.R., regrette cette chasse à l’homme. Suit une charge contre la famille Michel, absente (le père, Louis, est à Strasbourg; le fils, Charles, à Lubumbashi). Olivier Maingain choisit l’humour : il croit se souvenir qu’en 2004, le MR allait être dans toutes les majorités régionales parce que Louis Michel s’entendait bien avec tout le monde. Résultat : le MR a été viré partout. Daniel Bacquelaine renchérit : "Méfions-nous des pièges tendus par nos adversaires" : en 2004, les camarades du PS lui disaient qu’ils regrettaient l’alliance avec le MR, mais que cela n’avait pas été possible à cause de l’attitude radicale d’un homme : Charles Michel.
Armand de Decker le président du Sénat, se dit très très très très choqué qu’on puisse remettre en cause la présidence de Didier Reynders.
D’autres intervenants pro-Reynders répètent le même message : les élections ont eu lieu, il y a trois mois. S’il fallait changer quelque chose, il fallait le faire plus vite. Le temps conforte donc Didier. Et puis, il y a eu les Estivales de Redu, là où Didier Reynders a été largement plébiscité.
Reynders dira, au bord de l’émotion, dans une tirade d’une gravité certaine : "Si vous continuez à me pilonner comme cela pendant deux mois, je ne tiendrai pas le coup, ni physiquement ni moralement." Car il devient difficile pour lui d’entendre dire qu’il devient un handicap pour le MR. Silence.
La réunion touche à sa fin. Voter ou pas ? Sur quoi, au fait ? Personne ne demande à sanctionner Didier Reynders qui traduit ce silence par un soutien unanime.
Acte IV. Conclusion de la journée. En demi-teinte. Chacun a sa lecture.
Soutien unanime ? " C’est de la manipulation Il n’y a même pas eu vote ! Si c’est comme cela qu’il voit les choses, on est vraiment mal reparti ", s’étrangle un opposant. Ceux qui voulaient qu’il plie bagage reconnaissent qu’ils n’ont pu le forcer à soumettre sa présidence à un vote. Ils admettent que le débat a été franc, ouvert, même si, comme toujours, ses thuriféraires en font trop, toujours trop. Finie, la révolte ? Pour eux, l’abcès n’est pas percé. Ils contestent la référence au plébiscite " construit " de Redu, une réunion bourrée de membres de cabinets : " Il utilise les mêmes méthodes que Sarko et sélectionne sa claque ! "
Didier Reynders et les siens sont heureux : le président a reçu le soutien des instances officielles de son parti. Le MR est aujourd’hui en ordre de marche et la refondation est lancée. Et le seul homme de la situation, c’est Didier Reynders, lui et personne d’autre. Pour eux, tout vaut mieux que la désunion. Suite au prochain épisode
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