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fortisgate
Reynders gêné par Me Van Buggenhout
M.Bu.
Mis en ligne le 18/09/2009
L’histoire sans fin. Les inculpations de l’ex-avocat de l’Etat belge Christian Van Buggenhout et du haut-magistrat Ivan Verougstraete dans le cadre du "Fortisgate" par le juge d’instruction gantois Heimans ont alimenté, jeudi, les déclarations autour de la nécessité de reprendre ou non les travaux de la commission d’enquête parlementaire Fortis. Avec, dans le collimateur, le ministre des Finances Didier Reynders - que ses adversaires rêvent de voir (enfin) trébucher.
Christian Van Buggenhout, inculpé pour avoir détenu et transmis des informations sur l’orientation de l’arrêt Fortis, s’est déporté au début du mois de septembre et a choisi de ne plus défendre les intérêts de l’Etat belge. Parce qu’il voulait être à même d’assurer au mieux sa propre défense. Pas la peine de tourner autour du pot : Christian Van Buggenhout, avocat de l’Etat belge, a été engagé par le cabinet du ministre des Finances et traitait uniquement avec ce cabinet ministériel. Dès lors, une question se pose : Van Buggenhout a-t-il mis au courant l’équipe de Didier Reynders et a-t-il pris ses instructions auprès du cabinet du vice-Premier dans ce dossier ?
"Niet !, nous n’avons eu aucune indication préalable du contenu de l’arrêt Fortis, Van Buggenhout ne nous a absolument rien révélé, nous n’avons eu absolument aucune discussion à ce sujet", certifie-t-on dans l’entourage de Didier Reynders. Où l’on s’en tient, à la virgule près, aux témoignages livrés il y a quelques mois devant les députés de la commission d’enquête, notamment par Didier Reynders et par son directeur de cabinet, Olivier Henin. Chez les adversaires du ministre des Finances, en revanche, la lecture de l’inculpation de Christian Van Buggenhout est radicalement différente : "C’est évident que Van Buggenhout en a référé au chef de cabinet de Didier Reynders, martèle l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat. C’était son client, son patron. Mieux : il aurait été un mauvais avocat de ne pas avertir Olivier Henin de la teneur de cet arrêt." Un autre prolonge : "Christian Van Buggenhout est un renard, un excellent avocat et c’est d’ailleurs pour cela que Didier Reynders l’a engagé. Aurait-il caché le contenu de l’arrêt Fortis à son client ?"
Ouvertement, pourtant, seuls les verts se sont hasardés à cogner sur le ministre des Finances. Dans l’opposition au fédéral, Ecolo juge que "l’inculpation de l’avocat de l’Etat belge et [ ] du président de la Cour de cassation, Ivan Vergoustraete, rend incontournable la reprise des travaux de la Commission Fortis". Les verts annoncent le dépôt d’une proposition en ce sens dès la fin de l’instruction menée à Gand - prévue à la fin septembre. "Probablement Ecolo se sent-il obligé de marcher sur les traces de Jean-Marc Nollet qui a construit son succès avec une certaine agressivité", raille un ministre. Le SP.A, également dans l’opposition, a temporisé : "On ne va pas relancer des commissions d’enquête pour relancer des commissions d’enquête, expose le député Renaat Landuyt. Si l’instruction gantoise nous en apprend suffisamment, il ne sera pas utile de repasser par la case commission d’enquête."
Jeudi après-midi, le président de la Chambre, le libéral flamand Patrick Dewael, a demandé aux services juridiques d’étudier la possibilité d’une reprise des travaux d’enquête parlementaire. "Est-ce faisable avec une instruction en cours ?" : voilà la question à laquelle les services doivent répondre.
Pour le MR, c’est non, pas question de relancer cette commission d’enquête actuellement. Et, au CDH, "on a toujours voulu éviter de mettre les pieds là où la Justice allait, donc ce n’est certainement pas maintenant qu’on va commencer", tempête le chef de file humaniste à la Chambre, Christian Brotcorne, depuis une réunion parlementaire tenue dans le Luxembourg. Le CDH examinera, néanmoins, l’opportunité de relancer la commission Fortis lundi prochain lors de son Bureau politique.
Et au PS ? On sourit, mais prudemment. "Au plus longtemps Reynders reste en place, au mieux cela sert les intérêts du PS, ose un observateur. Les socialistes l’ont bien compris, il est leur épouvantail, ils n’ont guère intérêt à le voir quitter le ministère des Finances." Réuni jeudi à Dinant, le Parti socialiste est à l’origine de la demande d’avis juridique transmise au président de la Chambre, Patrick Dewael. Le PS demande, en outre, que les chefs de file des formations politiques au Parlement se réunissent d’urgence et débattent de cette question.
Le Premier ministre, le CD&V Herman Van Rompuy, se range derrière cette ligne. Pas question d’aller agiter le bocal et de relancer une commission d’enquête tant qu’on n’a pas accès aux documents de l’instruction. Donc, tant que l’instruction n’est pas close. Un membre du gouvernement soupire : "On a quand même d’autres chats à fouetter que cette commission Fortis, je pense à nos très sérieux soucis budgétaires." Mais non, mon bon Monsieur, on est en Belgique
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