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Violences urbaines

Des manipulateurs cachés derrière la ghettoïsation

Roland Planchar

Mis en ligne le 19/09/2009

Les soi-disant "échauffourées" n'en sont pas. C'est d'opérations déterminées qu'il s'agit.
Analyse

Des "échauffourées" : voilà comment certains qualifiaient, vendredi matin, les événements de la nuit, à Molenbeek. Des "échauffourées", alors que des cailloux (d’où venaient-ils ?) ont été jetés sur les policiers, dont neuf ont été blessés ? Alors que tout cela s’inscrit depuis quelques semaines dans une suite presque ininterrompue, dans plusieurs communes bruxelloises ? Sans doute, non. Violence urbaine, alors ? Pas vraiment, à en croire des observateurs et acteurs de terrain (musulmans compris, puisque les "émeutiers" sont majoritairement membres de la communauté du même nom).

Issue généralement d’un sentiment de frustration et souvent amplifiée par une malsaine émulation entre jeunes gens, elle ne peut certes être tout à fait écartée. Mais, selon plusieurs de ces observateurs, elle joue peu et, à elle seule, ne permettrait pas ces agressions récurrentes. De même, la relative ghettoïsation de pâtés de maisons, voire de rues ne peut expliquer la présence répétée d’hommes armés (cocktails Molotov toujours prêts, fusil d’assaut Kalachnikov, etc.). "Nous ne nous reconnaissons pas dans tout cela , nous dit par exemple un Molenbeekois d’origine marocaine, et, même s’il est vrai que nous faisons parfois un peu vite appel à la famille et aux amis, c’est une chose de discuter ferme et une autre de tirer des rafales en pleine rue, comme il y a une semaine. J’observe d’ailleurs que des musulmans sont aussi victimes de cette pression, comme à la fin du mois d’août à Anderlecht" (de nouveaux arrivants avaient été intimidés et leurs voitures, brûlées ; "La Libre" du 29/8).

Bref, comme le monde politique en prend désormais conscience, c’est "surtout à l’émergence d’un genre de mafia qui veut prendre le contrôle de la rue que tout cela est dû, résume un acteur de terrain. Tout sert de prétexte. Ainsi, la nuit passée, c’est le contrôle de l’un des meneurs d’une précédente action qui a été au commencement de la bagarre. Mais c’est une bande organisée et préparée qui a pris le relais." Les organisateurs de trafics en tout genre, et notamment de drogue, manipuleraient donc certains jeunes déboussolés, tout en se cachant derrière la ghettoïsation, voire un soi-disant racisme, pour assurer leur petit pouvoir et rendre la police hésitante à sortir.

Anecdote : ce dimanche correspond à la journée sans voitures et à la fin du ramadan. Or la police redoute que des exaltés conduisent malgré tout, pour l’occasion. Et que des provinciaux viennent fêter l’Aïd el Fitr à Bruxelles, sans connaître l’interdiction. Ce qui donnerait lieu à des contrôles avec "échauffourées" à la clef ?

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