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Enseignement supérieur
Sans quotas, c’est la ruée vers les études de médecine
L. G.
Mis en ligne le 25/09/2009
Une véritable ruée vers la médecine. Comment qualifier autrement le phénomène que vivent actuellement les universités en Communauté française ? Alors que les inscriptions ne seront clôturées que le 30 septembre, le "Journal du médecin" annonce d’ores et déjà une très forte hausse des inscriptions en première année des études de médecine. Jugez plutôt : 798 à l’UCL (+23 % par rapport à la rentrée 2008) ; 538 à l’ULB (+ 23 %) ; 507 à l’ULg (+ 25 %) ; 459 à Namur (+ 37 %) et 174 à Mons (+ 35 %).
Certes, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, comme le signale le doyen de la faculté de médecine de Namur, Michel Hérin : "Il y a les intentions d’inscriptions et les inscriptions réelles qui ne pourront être considérées définitives que lorsque les étudiants auront rentré tous les documents en ordre. Et ils ont jusque fin novembre pour le faire." Ceci dit, la tendance à la hausse est nette, très nette. Et elle est clairement liée à la disparition du filtre en fin de première année, entend-on dans les universités. Pour rappel, le gouvernement de la Communauté française a instauré, lors de l’année académique écoulée, un moratoire sur le numerus clausus dans les études de médecine, dont les conséquences étaient que le nombre d’étudiants pouvant passer en deuxième bac était limité et que certains - les fameux reçus-collés - se voyaient arrêtés en chemin, malgré leur réussite aux examens.
Ce rush vers les études médicales ne va cependant pas sans poser question. Tout d’abord celle de l’organisation des cours. Les unifs doivent s’adapter, engager des assistants pour les travaux pratiques, voire recourir à la vidéo-conférence lorsque les auditoires sont trop petits. Ensuite, celle des perspectives d’avenir pour ces très nombreux étudiants. C’est que les quotas à la sortie des études de médecine, entendez le nombre de numéros Inami qui seront délivrés par le fédéral, donnant accès à la pratique médicale, n’ont, eux, pas été supprimés. Ils ont certes été revus à la hausse, mais ils ne pourront, en l’état, absorber la totalité des étudiants d’aujourd’hui.
Interpellé jeudi au Parlement, Jean-Claude Marcourt (PS), le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, maintient pourtant que le numerus clausus ne fera pas son retour dans les facs de médecine. Il s’est assuré auprès des universités que la qualité des études sera maintenue et compte bien que le taux d’échec n’augmente pas. Quant à la négociation sur une éventuelle révision des quotas, elle n’est pas encore gagnée. Selon M. Marcourt, Laurette Onkelinx (PS), ministre fédérale de la Santé, soulignait encore mercredi la "nuance" existant entre francophones, partisans d’un assouplissement voire d’une suppression des quotas, et Flamands, plus stricts sur la question. Pas de quoi rassurer les nouveaux étudiants en médecine, même si, d’ici dix ans, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts.
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