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Société | Polémique
"Le voile n’est pas nécessairement islamique"
Christian Laporte
Mis en ligne le 26/09/2009
Le soufflé est loin de retomber dans le délicat débat autour du foulard : les opposants au port du voile et des insignes religieux en général sont bien décidés à ne pas laisser le débat tomber en léthargie après le coup d’envoi des Assises de l’interculturalité.
C’est pourquoi le Comité belge "Ni putes ni soumises", l’ASBL "Insoumise et dévoilée" et le Réseau d’actions pour la promotion d’un Etat laïque (le Rappel) organisent une nouvelle manifestation ce samedi 26 septembre à 11 heures devant le siège de la Communauté française, à la place Surlet de Chokier à Bruxelles.
Les organisateurs saluent la décision du Conseil de l’enseignement de la Communauté flamande d’avoir pris la décision d’interdire le port de signes religieux dans "son" enseignement. Et leur plus grand vœu est que la Communauté française en fasse de même. A leurs yeux, c’est le seul moyen de faire revenir le calme dans les écoles et d’assurer un droit égal pour tous et toutes à un enseignement de qualité. Reste à voir si l’appel sera entendu par les responsables politiques car les festivités de la fête de la Communauté se déroulent à l’hôtel de ville.
Une certitude : dans la manifestation et ailleurs, le débat risque de rebondir suite aux propos tenus par l’ambassadeur du Maroc en Belgique, Samir Addahre, à nos confrères du "Vif-l’Express" dans un entretien qui devrait faire date.
Interpellé à propos du voile, M. Addahre a commencé par préciser que "le voile n’est pas nécessairement islamique. Il est surtout l’expression d’une affirmation identitaire, conséquence d’un réel mal-être au sein de la société et en l’occurrence au sein de la société belge. Les contenus qu’il véhicule s’avèrent très nombreux."
Et l’ambassadeur d’interpeller ses compatriotes sur la nécessité de rappeler le respect des lois belges mais aussi notre monde politique belge qui "ne semble pas vouloir prendre position". S’exprimant à titre personnel, Samir Addhare estime que l’essentiel "pour les jeunes filles est d’aller à l’école avec ou sans voile" tout en constatant qu’ "une interdiction pourrait être ressentie comme un fait discriminatoire".
Et l’idée de créer des écoles "voile admis" ? L’ambassadeur n’est pas choqué par la proposition, constatant qu’ "il existe déjà des écoles privées catholiques ou juives et cela n’a jamais posé de problèmes".
Comme la question du voile n’est qu’un aspect de la problématique, l’ambassadeur a aussi été interpellé sur la délicate question du choix des interlocuteurs musulmans. Et Samir Addhare de révéler qu’au début octobre, le ministre De Clerck se rendra au Maroc pour discuter de la création d’un institut de formation pour imams qui serait géré en commun dans le respect des deux parties.
Pas question toutefois de mettre sur les rails une "chapelle" musulmane belgo-marocaine : "Nous souhaitons encadrer et promouvoir l’islam tel que nous l’avons toujours connu, le véritable islam, ni extrémiste, ni obscurantiste, ni récupéré par les mouvements politiques : une religion de paix, d’ouverture et de tolérance."
Intéressante enfin, l’opinion de l’ambassadeur sur les récentes nuits agitées dans certaines communes bruxelloises, qui n’ont rien à voir avec l’islam : "Les populations (NldR : concernées) souffrent de discriminations dans l’éducation, le logement, l’emploi, etc et [ ] ne connaissent pas leur culture d’origine". C’est pourquoi l’ambassadeur plaide pour une action commune ici avec la Belgique pour mieux les relier à l’ensemble de leurs racines. La meilleure façon selon lui pour combattre le repli sur l’islamisme
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