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Édito

Habran : la gifle

Mis en ligne le 01/10/2009

Jean-Claude Matgen

Le (premier) procès Habran a mobilisé la cour d’assises de Liège pendant six mois et entraîné un incroyable déploiement de moyens humains et matériels. Il avait, d’emblée, été considéré, et pas uniquement sur les bancs de la défense, comme un procès barnumesque, monté artificiellement par un parquet fédéral obtus.

L’arrêt rendu début mars a toutefois été cassé pour d’autres raisons que celles-là, à savoir que la motivation des décisions prises à l’égard de Marcel Habran et de trois de ses coaccusés, lourdement condamnés, faisait défaut. La cour d’assises de Liège avait cru échapper à ce devoir de motivation parce qu’à l’époque, un arrêt d’une chambre flamande de la Cour de cassation l’en dispensait. Mais, depuis, l’arrêt Taxquet, rendu par la Cour européenne des droits de l’homme, laquelle a condamné la Belgique parce que ses jurés d’assises ne motivaient pas leur verdict, s’impose bel et bien et la Cour de cassation l’a reconnu clairement à plusieurs reprises. Voilà pourquoi le procès Habran devra être recommencé.

Cela fait désordre. D’autant plus désordre que les autorités politiques sont depuis longtemps saisies de la question de la motivation et qu’elles ont, comme souvent, attendu que la Belgique se fasse tancer par Strasbourg pour commencer à réagir.

Il est temps, désormais, qu’elles remettent les choses d’aplomb. Sans quoi, la justice va se retrouver avec un fameux problème sur les bras. Et elle n’en a vraiment pas besoin.

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