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communautaire

BHV: "J'attends une demande de la Flandre"

MARTIN BUXANT

Mis en ligne le 08/10/2009

"Un conflit d'interêt sur BHV ne sera enclenché que si la demande vient aussi de Flandre", avertit Lambertz. Qui insiste sur la neutralité des germanophones.

Le ministre-Président de la Communauté germanophone, le socialiste Karl-Heinz Lambertz, livre sa position communautaire à quelques jours d'une échéance cruciale sur la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Le Parlement de la Communauté germanophone va-t-il enclencher un conflit d'intérêt la semaine prochaine pour éviter un vote sur la scission de BHV ?

Nous avons une procédure bien précise qui a débouché sur la table du Comité de concertation. On verra le 14 octobre si une solution a pu être trouvée. Le comité de concertation, c'est l'endroit qui a été créé pour résoudre ce genre de problème...

Il n'est pas stupide de penser qu'on n'aura pas de solution d'ici la semaine prochaine...

C'est très possible, en effet. A ce moment-là, la procédure législative reprend son cours normal et cela débouche sur un vote de la majorité flamande contre une minorité francophone. Ceux-ci pourront alors tirer la sonnette d'alarme et le dossier déboulera sur la table du gouvernement fédéral. C'est là qu'une solution doit être trouvée. Sans consensus, le gouvernement tombera, c'est un régime démocratique. La Communauté germanophone est un observateur tout à fait neutre de ce processus. Cela dit, la Communauté germanophone dépend du bon fonctionnement du système actuel et la faillite du système aura des conséquences très néfastes pour nous. En ce sens, nous avons intérêt à préserver le bon fonctionnement de l'Etat. Et nous y travaillerons avec pragmatisme...

Donc, vous déclencherez un conflit d'intérêt ?

On peut considérer que ce difficile problème de Bruxelles-Hal-Vilvorde a encore besoin de temps pour déboucher sur une solution négociée. Si, pour organiser ce délai, on nous demande de faire une action et de déclencher un conflit d'intérêt, je ne suis pas opposé à réfléchir sérieusement à cette question. Sans prendre parti dans ce conflit et sans mettre en difficulté notre neutralité. C'est le Parlement germanophone qui tranchera.

Mais qui est ce "on" ? Qui doit vous demander de déclencher le conflit d'intérêt ?

"On", ça doit être un peu tout le monde. Ça ne peut pas être uniquement une des parties du conflit. Pour être clair : ce n'est pas parce que les francophones nous le demandent que nous serons là et que nous exécuterons leurs demandes ! Nous ne sommes pas à leur service. Mais "on", c'est aussi du côté flamand. J'imagine que certains Flamands considèrent qu'une solution négociée est importante... J'ai cru entendre Marianne Thyssen, la présidente du CD&V, plaider en ce sens. Mais je connais d'autres responsables flamands qui pensent autrement. Enfin, il y a un troisième "on" : le gouvernement fédéral. C'est lui qui risque sa tête dans cette histoire. Il est inimaginable que nous fassions quoi que ce soit sans avoir eu un signe de ce côté-là. Je dois m'entretenir avec le Premier ministre Herman Van Rompuy à ce sujet.

Il est peu probable qu'un gouvernement flamand associant la N-VA fasse une demande visant à empêcher le vote sur la scission de BHV...

Je ne demanderai à personne de me signer un mandat et de me donner un papier. J'irai voir tout le monde dans les prochains jours et je me ferai une idée. Sur cette base, on décidera. Mais on aura des problèmes politiques chez nous quoi que l'on décide. Si on fait un conflit d'intérêt, on se fera critiquer du côté flamand. Si on ne fait pas de conflit d'intérêt, on va se faire critiquer par ailleurs...

Les germanophones sont donc entre le marteau et l'enclume...

Non. On est dans une position où on ne sait pas faire plaisir à tout le monde. Entre le marteau et l'enclume, ça voudrait dire qu'on peut nous menacer d'une certaine manière. Ici, soyons concrets, que nous agissions dans un sens ou dans l'autre, il n'y a pas de rétorsions possibles contre nous. Si nous déclenchons un conflit d'intérêt, je pense que ça peut renforcer la position germanophone dans la Belgique fédérale, à l'image de ma mission de médiateur royal l'été dernier.

Est-ce que cela vous gêne que l'on se tourne vers vous en dernier ressort pour jouer les démineurs communautaires sur BHV ?

Non. On serait heureux si on pouvait se passer de nous mais qu'on se tourne vers nous, c'est aussi la preuve que nous sommes une entité à part entière. C'est une grande responsabilité. On a eu la semaine dernière une action du Tak à Eupen, y compris devant ma maison, ils sont venus coller des placards pour la scission de BHV et contre l'ingérence germanophone dans ce dossier. Je verrai tout le monde, je rencontre Bart De Wever, par exemple, vendredi. Le président de la N-VA veut m'exposer son point de vue. Je rendrai ensuite compte des positions au Parlement et nous prendrons une décision.

© La Libre Belgique 2009

Savoir Plus

Interdire ?

jusqu'ici, des Flamands pointus ont déposé à la Chambre des propositions de loi tendant à interdire des conflits d'intérêt successifs sur le même sujet. Dans leur viseur, bien sûr, "le carrousel" BHV qui achève son troisième tour. Des Vlaams Belang avaient ouvert la voie en février dernier ; un N-VA, Ben Weyts, a suivi en juillet. C'était après que la Cour constitutionnelle se fut déclarée incompétente à propos d'un recours du parti contre le conflit enclenché par le Parlement wallon.

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