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L’enseignement relativement épargné
L.G.
Mis en ligne le 14/10/2009
L’Olivier a dit et répété que l’enseignement est l’une de ses priorités. Il avait l’occasion, avec la confection du budget 2010, de passer de la parole aux actes. A l’autopsie, il semble que le secteur ne s’en sort pas si mal. Les ministres compétents n’auront en tout cas pas manqué de le souligner.
Dans l’enseignement supérieur, M. Marcourt (PS) a insisté sur le maintien de la politique de démocratisation des études. Allocations et bourses d’études, abonnements Tec ou Stib à 50 % jusqu’à 24 ans sont autant de mesures confirmées. L’effort budgétaire se fera donc surtout à charge des universités, dont le refinancement sera, comme annoncé, étalé sur une période deux fois plus longue que prévu. Au lieu de toucher quatre millions chaque année, elles en recevront deux pendant quinze ans, à partir de l’an prochain.
Mais c’est dans l’enseignement obligatoire, qui a fait l’objet d’âpres discussions, tant au sein du gouvernement qu’avec les partenaires de l’école, qu’on attendait surtout de voir où les coupes budgétaires allaient être effectuées. Le moins que l’on puisse constater est que le lobby syndical enseignant qui s’est exprimé ces dernières semaines a récolté des fruits. Les profs du secondaire ne devront pas prester davantage d’heures; la dernière tranche de revalorisation salariale de 1 % prévue pour 2010 est maintenue; tout comme la politique d’encadrement différencié, porteuse d’engagements dans les écoles à public défavorisé (700 lors de cette rentrée); enfin, le système des DPPR (genre de préretraite) à l’âge de 55 ans n’est pas remis en cause d’ici la fin 2011. Prosper Boulangé, patron de la CSC-Enseignement, et Pascal Chardome, son homologue de la CGSP, présents tous deux à la conférence de presse gouvernementale, pouvaient donc se montrer rassurés.
Du moins à court terme car, au-delà de 2010, "on ne sait rien". Les craintes exprimées une semaine plus tôt à l’issue de leur rencontre avec le conseil des ministres restreint sont toujours d’actualité. Si les enseignants sont aujourd’hui épargnés, rien ne dit que ce sera toujours le cas par la suite. Officiellement, durant le conclave, pas un mot n’a été dit au sujet des préretraites. Logique, vu qu’il portait sur les années 2009 et 2010. Mais il se dit, à certaines sources, que la piste d’un relèvement de l’âge des DPPR à 58 ans est bel et bien privilégiée par le gouvernement, en vue des futures négociations sectorielles.
Toujours est-il que, dans l’immédiat, les économies ne sont pas à chercher du côté des enseignants. Où, alors ? Principalement, et avant tout, du côté des subventions de fonctionnement des écoles (entretien, chauffage, etc). Les accords de la St-Boniface prévoyaient en effet une revalorisation de ces subventions. Par ce biais, les écoles catholiques doivent, in fine, recevoir 75 % des sommes que perçoivent les écoles officielles. La dernière tranche de revalorisation, prévue pour 2010, sera finalement étalée sur plusieurs années, ce qui permettra au gouvernement d’économiser 20 millions en 2010, la même somme en 2011 et encore dix millions en 2012. Etienne Michel, patron du Secrétariat général de l’enseignement catholique, s’il concédait que la suppression pure et simple de la revalorisation eût été autrement catastrophique, ne cachait pas sa déception : "A court terme, le gouvernement n’a pas préservé l’équilibre fondamental entre les différentes catégories de dépenses en matière d’enseignement (85 % pour les salaires, 10 % pour le fonctionnement des écoles, 5 % pour les bâtiments scolaires). On attend d’un gouvernement qu’il soit le garant de l’intérêt général, pas qu’il se fasse guider par les coups de sifflets des syndicats. A moyen terme, cet équilibre dépendra du sort qui sera réservé aux DPPR, au maintien des enfants de plus de six ans en maternelle (dont il est question d’éventuellement tenter de réduire le nombre, et donc le coût, NdlR), à l’encadrement différencié, etc."
Enfin, l’Olivier a confirmé l’adoption de mesures déjà évoquées comme la suppression du financement des jours blancs et de la provision pour politiques nouvelles, le report du décret "conseillers en prévention" ou la non-prise en charge des abonnements scolaires SNCB. Au total, l’enseignement obligatoire, qui monopolise 60 % du budget de la Communauté, devra donc faire des économies à hauteur d’un bon 50 millions d’euros. Soit un tiers de l’effort global communautaire, qui s’élève lui à 154 millions.
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