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Santé | Grippe A/H1N1
La vaccination commence
V.R.
Mis en ligne le 16/10/2009
La campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1, c’est parti. Ou presque. Les premiers lots de vaccins arriveront à partir du 18 octobre dans les hôpitaux et autres établissements de soins. C’est que les premiers à en bénéficier seront les médecins et le personnel infirmier. Dans un second temps, vraisemblablement au début du mois de novembre, la campagne de vaccination sera étendue au grand public, ou plus exactement au public jugé prioritaire (femmes enceintes, personnes ayant la garde d’un enfant de moins de 6 mois, puéricultrices, enseignants, patients diabétiques, cardiaques, atteints d’asthme, etc.). Ces personnes seront vaccinées par leur médecin généraliste. Il leur en coûtera zéro euro zéro centime.
Cette campagne de vaccination ne va cependant pas sans provoquer quelques grincements de dents. Un comité - "Initiative citoyenne" - se mobilise depuis quelque temps contre ce qu’il appelle "le manque d’informations claires et loyales" sur les risques liés à la vaccination. Ce comité a même intenté mercredi soir une action en référé pour tenter de suspendre la campagne de vaccination jusqu’au moment où ces informations claires et loyales seront délivrées à la population. "Pour l’instant, argumente Marie-Rose Cavalier, l’une des chevilles ouvrières d’Initiative citoyenne, les autorités publiques se sont contentées d’énoncer les bénéfices du vaccin. Mais pas un mot sur les risques. Or les adjuvants présents dans le vaccin disponible en Belgique, et singulièrement l’adjuvant squalène dont l’utilisation est interdite dans certains pays, comportent des risques d’effets secondaires importants. Il y a une littérature abondante là-dessus."
Le tribunal remettra son ordonnance dans les jours qui viennent. Mais avant même son épilogue, l’action a déjà trouvé comme un écho au Parlement. Ce jeudi en effet, alors que la Chambre devait adopter un projet de loi accordant au gouvernement les pouvoirs spéciaux en cas de pandémie ("La Libre" du 25/9), des parlementaires de la majorité et de l’opposition ont introduit un amendement stipulant noir sur blanc que la vaccination n’est obligatoire pour personne. De quoi rassurer ceux qui, par crainte d’effets secondaires plus graves que la maladie elle-même, ne souhaitent pas se faire vacciner.
Dans le corps médical aussi, certaines critiques voient le jour. Les raisons ne sont cependant pas les mêmes. Ce que certains médecins reprochent, c’est la façon dont la campagne de vaccination sera menée et le rôle qu’on leur demande de jouer. Les généralistes viennent d’être informés par courrier qu’ils devront enregistrer chaque vaccination dans une base de données informatique gérée par la plateforme e-Health. Or cette plateforme e-Health n’a pas bonne presse auprès du corps médical, singulièrement du côté francophone. Des médecins y voient une sorte de big brother chargé de contrôler leur activité et de briser le secret médical. Le principal syndicat des médecins, l’Absym, vient de lancer un mot d’ordre formel à ses affiliés de "ne pas procéder à l’enregistrement". L’autre syndicat, le Groupement des omnipraticiens, a pour une fois adopté la même position. "La confidentialité des données n’est pas à l’heure actuelle garantie ni au niveau du transit des données ni au niveau de leur conservation", regrette le syndicat.
Au cabinet de la ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS), on s’étonne. "C’était une demande des cercles de médecins eux-mêmes", lâche-t-on. Et l’on rappelle les raisons de cet enregistrement. Il s’agit 1° de permettre à un médecin de savoir si un patient est ou non vacciné, 2° de pouvoir intervenir rapidement si un lot de vaccins présente un défaut et 3° de suivre jour après jour l’évolution du taux de vaccination de la population.
Des règles de sécurité pour garantir la confidentialité des données ont par ailleurs été prises. Les médecins n’introduiront pas le nom de leurs patients vaccinés, mais leur numéro d’identification à la Sécurité sociale qui sera automatiquement masqué selon un algorithme bien défini. Les seuls qui auront accès à cette base de données, ce sont les médecins qui pourront la consulter au moyen de leur carte d’identité. Et si les autorités publiques estiment devoir la consulter, elles devront d’abord demander l’autorisation de l’Ordre des médecins.
Cela ne suffit pas manifestement. Les médecins veulent d’autres garanties. Une rencontre avec la ministre devrait avoir lieu prochainement.
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