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débaptisation
Les débaptêmes sont en augmentation
Christian Laporte
Mis en ligne le 06/11/2009
La Belgique, fille récalcitrante de l’Eglise catholique où les croyants sont prêts à renier leurs convictions ? On sait que cette vision négative circule dans certains cénacles romains où l’on trouve la hiérarchie ecclésiale belge bien molle. Mais ces observateurs n’ont, semble-t-il, pas compris que les évêques ne peuvent en aucune manière s’opposer aux votes de lois qui tranchent avec la doctrine ecclésiale ni même arrêter des résolutions antipapales. Nos évêques n’ont pas davantage d’armes pour remplir de force les églises. Mais les "monsignori" ne doivent pas exagérer pour autant les sorties de l’institution. Ainsi le phénomène des débaptisations, pour récurrent qu’il soit, est loin de connaître les proportions constatées en Italie - lire ci-dessous - où la séparation de l’Eglise et de l’Etat est, il est vrai, bien moins réelle que chez nous
La question est récemment venue à l’avant-plan de l’actualité suite à une large médiatisation par le service public audiovisuel de la journée italienne de la débaptisation, le 25 octobre. Comparaison n’est pas raison, mais on ne peut nier le phénomène chez nous. Il a en fait été dévoilé voici près de quarante ans déjà à l’initiative du monde laïque.
Comme l’explique Daniel Lerclercq, coordinateur à la Fédération des amis de la morale laïque, "les procédures de débaptisation ont été initiées dans les années 70 par la Ligue humaniste sous le nom d’ "opération crayon rouge". Dans la perspective de la visite du pape en Belgique, il a été décidé en 1984 de confier cette opération à la FAML pour des raisons purement logistiques. Il est à noter que l’Eglise dans sa grande majorité joue le jeu mais, depuis 1992, elle n’a plus beaucoup le choix.
En effet, les registres de baptême sont considérés comme des fichiers et, à ce titre, chacun est en droit d’en demander la rectification sur base de la loi du 8 décembre 1992 consacrée au "traitement de données à caractère personnel et vie privée".
D aniel Leclercq tient à apporter une précision importante : "La démarche des laïques est strictement philosophique ; pour nous, il est important que nos concitoyens puissent se situer clairement face à leur conscience et mieux se diriger eux-mêmes. Pas question dès lors non plus de publier des communiqués de victoire laïques, mais les chiffres sont bel et bien là : le nombre de formulaires téléchargés ne cesse de croître et nous avons déjà traité plus de 600 lettres cette année" - voir aussi les statistiques ci-contre
Le coordinateur de la FAML établit en tout cas un lien entre certaines prises de position papales ou d’autres membres de la hiérarchie de l’Eglise et le regain d’intérêt pour la débaptisation : "D’après les commentaires que nous avons reçus depuis le début de cette année, l’augmentation actuelle semblait surtout être due à l’accumulation de ce qui était perçu comme des dérapages. Ainsi l’affaire Williamson, l’évêque traditionaliste négationniste, l’excommunication de Recife pour cause d’avortement d’une jeune fille et les propos papaux sur le préservatif ont formé une bien curieuse trinité aux yeux de certains."
Cela dit, à la FAML, on pense que le phénomène des débaptisations serait tout autre si l’on liait les baptêmes au financement des cultes comme c’est le cas dans certains pays européens. Mais bon, en l’espèce, on n’y est pas (encore) !
Du côté de l’Eglise, l’abbé Raphaël Colinet suit de longue date le dossier pour l’évêché de Liège. Contrairement aux autres diocèses, c’est lui qui traite immédiatement les demandes de débaptisation. Il ne nie pas une certaine augmentation - voir aussi ci-contre - mais, à ses yeux, "les raisons de demander d’être débaptisé sont plutôt anecdotiques que le reflet de courants de fond. Les considérations de type politique ne sont pas très nettes mais, parmi les demandes, on relève par exemple des personnes qui changent de religion ou qui, homosexuelles, ne se reconnaissent plus dans l’Eglise".
A noter que les débaptisations concernent aussi les autres familles "chrétiennes", mais il y a moins de demandes du côté protestant où l’on baptise souvent les enfants lorsqu’ils ne sont pas loin d’atteindre l’âge de raison. Et donc en pleine conscience.
Les formulaires de débaptisation proposés par la FAML diffèrent aussi pour ceux qui ont été baptisés en Afrique - où l’on a conservé les registres des "anciens" des colonies - mais, de l’avis de Daniel Leclercq, les Eglises locales ne répondent généralement pas. Il est vrai, comme l’a montré le récent synode sur l’Afrique, que ces encore jeunes Eglises ont, si l’on ose dire, d’autres chats à fouetter
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