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Défense | Devoir de mémoire en péril

Une citadelle para à préserver

Christian Laporte

Mis en ligne le 07/11/2009

Les anciens paras ne veulent pas la fermeture de la Citadelle à Diest. Le commandant de l’opération sur Kolwezi lance un appel solennel.

La solidarité entre para-commandos d’hier et d’aujourd’hui, entendez : entre ceux d’active et ceux qui ont été admis à un repos bien mérité n’est pas un vain mot ! L’on se rappellera que les vétérans s’étaient déjà largement mobilisés sous les législatures précédentes pour que l’on ne porte pas atteinte à ces troupes élites de notre armée.

Certes, le plan de restructuration du ministre De Crem ne compte pas (re)sabrer dans les hommes qu’il entend partager entre les sites de Tielen et de Flawinne, mais bien dans les bâtiments avec la fermeture annoncée de la caserne de Diest, mieux connue comme la Citadelle, mais surtout très chère au cœur des "anciens" parce qu’elle fut le siège historique du 1er Para depuis 1953.

Pour rappel, le 1er Para, bataillon-mère des parachutistes, est issu lui-même des fameux SAS belges fondés par Eddy Blondeel durant la Seconde Guerre mondiale et il a repris son héritage tout en ayant, lui aussi, développé depuis lors un passé riche de missions et de traditions. Et donc le 1er Para, Diest et la citadelle sont liés comme les cinq doigts de la main depuis 1953

C’est aussi ce qui vient d’amener le lieutenant-général e.r. H. Depoorter qui commandait le Régiment Para-Commando pendant l’opération "Red bean", à Kolwezi, en 1978, à monter lui aussi en ligne et à interpeller l’opinion publique

"Les milliers de Para-Commandos comprennent évidemment que, notamment, pour réaliser des économies au niveau du budget de la Défense, il ait été décidé de supprimer quelques unités et de fermer certai nes casernes. En ce qui concerne le 1er Bataillon de Parachutistes à Diest, c’est la caserne établie sur la Citadelle qui devra être fermée, car les frais d’entretien de la structure surannée des fo rtifications sont trop élevés. Et le départ du bataillon est prévu en juin 2011 Fort bien, mais beaucoup d’entre nous se demandent alors quel est le montant exact qui a été dépensé, et depuis combien d’années, pour entretenir ces fortifications ? Une autre question surgit dans la foulée : pourquoi le ministère de la Défense est-il le seul à supporter ces dépenses ? En effet, vu la valeur historique de la Citadelle, les frais qu’elle nécessite ne devraient-ils pas être partagés entre la Communauté flamande, la ville de Diest et les Monuments et Sites classés ? Par ailleurs, la réorganisation projetée tient-elle compte des dépenses qu’entraîneront les déménagements du 1 er Bataillon Para ? Combien coûtera l’installation des militaires néerlandophones au 3 e Bataillon Para à Tielen et celle de francophones au 2 e Bataillon Commando à Flawinne ? Si l’on tient compte de tout cela, ces frais ne dépasseront-ils pas ce que coûterait un entretien partagé de la Citadelle ?" Pour le général Depoorter, il ne faut pas négliger non plus le contrecoup économique pour la ville de Diest : "Combien de militaires habitent dans la ville et ses environs ?"

Le "patron" de l’opération de Kolwezi admet qu’il ne faut se laisser influencer par des arguments sentimentaux, mais il serait criminel, à ses yeux, d’évacuer la valeur historique de la Citadelle avec un 1er Bataillon de Parachutistes, héritiers directs de la compagnie Para-SAS créée en Angleterre en 1942.

C’est pourquoi, le général suggère de ne pas abandonner la caserne de Diest, de la restaurer comme il sied et d’y installer le Quartier Général du Régiment Para-Commando et le Special Forces Group. Reste à voir si Pieter De Crem y sera sensible

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