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Emploi | Évolution

L’Etat finance près d’un emploi wallon sur deux

Vincent Rocour

Mis en ligne le 14/11/2009

Le Forem sort une étude sur l’emploi en Wallonie. Où l’on voit que les pertes dans l’industrie ont été compensées par l’emploi public et non marchand.

A l’occasion de son vingtième anniversaire, le Forem a réalisé une étude sur l’évolution de l’emploi en Wallonie au cours des deux dernières décennies. L’office wallon de l’emploi et de la formation professionnelle y dresse un tableau contrasté, distribuant les bons et les mauvais points, pointant les forces et les faiblesses du marché de l’emploi au sud du pays.

Comme partout ailleurs dans le pays et dans une proportion identique, le nombre de salariés a fortement augmenté en Wallonie depuis 1993 : + 19%. Mais tous les secteurs d’activité n’ont pas bénéficié de la même vigueur. L’industrie a subi une érosion lente au fil des ans. Elle ne fournit plus désormais que 22% de l’emploi en Wallonie alors qu’il y a trente ans elle constituait encore son principal moteur économique. Entre 1993 et 2007, l’industrie manufacturière a perdu 16 000 postes de travail. Le textile a vécu une véritable hécatombe en perdant 66% de ses emplois en moins de vingt ans. La métallurgie a elle aussi subi les effets de la désindustrialisation : elle a vu disparaître près de 7 000 emplois en quinze ans.

Dans cette longue liste de constats moroses, il y a cependant quelques motifs de satisfaction. L’industrie chimique a ainsi fourni 6 184 nouveaux emplois depuis 1993 - ce qui représente une progression de 42%. L’industrie du bois a connu pour sa part une progression de 21%. La construction affiche elle aussi de belles performances. En quinze ans, le volume d’emploi dans ce secteur a gonflé de 15%.

Ces quelques évolutions favorables ont finalement permis à l’industrie wallonne d’amortir son inexorable déclin. Certes, car si le nombre d’emplois qu’elle fournit a reculé de 4% depuis 1993, les pertes sont plus importantes encore ailleurs dans le pays. Pour l’ensemble de la Belgique, c’est une baisse de 11% de l’emploi qui a été enregistré au cours des deux dernières décennies dans le secteur secondaire.

Les pertes dans l’industrie ont été essuyées par deux autres secteurs. Par le secteur des services d’abord. De 1993 à aujourd’hui, le nombre d’emplois dans le secteur tertiaire a augmenté de 32% - soit 77 000 emplois. C’est la plus forte progression. "Durant ces dernières années, le phénomène de la tertiarisation de l’économie n’a fait que s’accentuer", constate le Forem. Certains de ces emplois ne sont cependant pas vraiment de nouveaux postes de travail. Ils traduisent d’abord un changement dans l’organisation du travail. Ces dernières années, de grandes entreprises industrielles ont en effet confié à des sous-traitants certaines fonctions plus périphériques de leurs activités, comme le nettoyage, la maintenance, la comptabilité ou l’informatique. Or les sociétés sous-traitantes sont, pour la plupart, enregistrées dans les statistiques relatives au secteur tertiaire.

La plus grande progression dans le secteur des services, c’est dans l’Horeca qu’on l’enregistre : entre 1993 et 2007, l’emploi y a augmenté de 35 %, dans la restauration surtout. Autre activité en plein boom : le transport et la logistique qui occupent 15 % de travailleurs de plus qu’en 1993. La situation géographique de la Wallonie et le développement des infrastructures aéroportuaires contribuent à cet essor.

Le commerce dans son ensemble - de gros ou de détail - fait également une belle progression : il emploie 20 480 emplois de plus qu’en 1993. A noter que le commerce de détail a subi une vague sans précédent de fusions et d’acquisitions par de grands groupes internationaux. Cela explique pourquoi, dans cette branche, le nombre d’indépendants a reculé de 35 %.

Les activités financières n’ont que très peu participé à la hausse de l’emploi dans le secteur tertiaire. Le nombre de postes de travail dans les banques et les compagnies d’assurances ont même baissé - respectivement, de 6 % et de 21 %. Et l’on peut craindre que la crise financière accentue la tendance.

L’autre grand secteur qui a progressé au cours des vingt dernières années, c’est le secteur quaternaire. Ce dernier a augmenté de 85 000 postes de travail depuis 1993. Il occupe désormais 45 % des travailleurs wallons. C’est davantage que la moyenne belge qui se situe à 38 %. Faut-il le dire, la plupart de ces emplois sont financés d’une façon ou d’une autre par la collectivité. Le quaternaire regroupe en effet la fonction publique, l’enseignement, le secteur de la santé et de l’activité socio-culturelle.

L’administration publique wallonne a largement contribué à l’essor du quaternaire. L’emploi y a augmenté de 32 % depuis 1993 (30 000 unités supplémentaires). Le Forem avance que depuis 2004, 2 400 postes ont été perdus. Mais souligne que l’administration représente 12 % de l’emploi salarié en Wallonie contre 7 % en Flandre (et 17 % à Bruxelles).

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