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Les conséquences belges
Leterme: Coucou, le revoilà
V.d.W.
Mis en ligne le 20/11/2009
La classe politique belge est partagée : entre l’immense honneur que représente la nomination de Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen et l’immense tristesse de le voir quitter un gouvernement qu’il tenait à bout de bras. Dans tous les partis, on ne se lasse pas de louer sa droiture, sa fermeté, ses valeurs, sa chaleur, son sens du compromis, son respect pour les autres Et on en passe.
La Belgique va devoir apprendre à vivre sans lui. Mais voilà. "Inutile de parler de lui à l’imparfait comme s’il était mort, confie un ministre. A présent, il faut se retrousser les manches et poursuivre le travail de redressement de notre économie. Nous n’avons pas droit à l’erreur". Un autre ajoute : "Oui, oui, c’est super, mais pour nous, de nouvelles aventures commencent "
Pratiquement, que va-t-il se passer ? Ce vendredi, le toujours Premier ministre belge va présider, comme chaque semaine, le traditionnel kern (Premier et vice-Premier ministre). Puis s’ouvrira ce qui sera peut-être son dernier conseil des ministres. On imagine l’ambiance, les bravos, les cadeaux, les regrets voire les larmes. Si, si, il y a des émotifs au gouvernement.
Parallèlement, le Roi devrait entamer une série de consultations afin de veiller à ce que le processus de succession se déroule sans heurts. Le chef de l’Etat a d’ailleurs reçu Herman Van Rompuy jeudi midi, en audience de congé en quelque sorte.
Pendant ce temps-là, les présidents des cinq partis de la majorité devraient se rencontrer pour organiser le remaniement ministériel. Voyons cela de plus près.
Il y a une quasi-certitude Le poste de Premier ministre restera dans l’escarcelle du CD&V. Sûr ? Oui, il n’y a pas (plus) de contestation à ce sujet. Il y a quelques jours, les libéraux, francophones surtout, avaient fait remarquer que la famille libérale était la plus importante du pays et que le MR en était l’élément le plus fort. Donc, pour les libéraux, Didier Reynders était en droit de réclamer le poste de Premier ministre. On n’en est plus là.
Donc, le CD&V garde la clé. Et dans ce parti, il y a un consensus (pas d’enthousiasme délirant, mais bon ) sur le fait que c’est bien Yves Leterme qui doit reprendre le poste qu’il a abandonné il y a presque un an, balayé par la tourmente de Fortisgate. En fait, personne n’est vraiment ravi à cette idée et la perspective de le revoir patauger dans des négociations institutionnelles ne rassure personne. Mais chacun promet de mettre un peu du sien et de l’aider. Et puis, rien ne dit que les problèmes institutionnels reviendront très vite sur le devant de la scène. Deux hypothèses existent : soit on essaye de régler BHV tout de suite. Mais danger Soit on reporte la patate chaude à la négociation pour la constitution du prochain gouvernement, soit après les élections de juin 2011.
Mais il ne suffit pas de changer Herman Van Rompuy par Yves Leterme. Il faudra aussi remplacer Yves Leterme au poste de ministre des Affaires étrangères. Le plus simple serait de remplacer Leterme par un CD&V. Mais il y a deux obstacles. Le premier, le principal, est que le CD&V ne dispose pas là, sous la main, d’un homme ou d’une femme capable de remplir cette fonction. Le capital humain semble épuisé. Pourquoi pas Peter De Crem, ministre de la Défense ? Bonne idée mais son parti veut qu’il termine la réforme de l’armée qu’il a lancée. On a parlé de Steven Van Ackere, actuel vice-Premier CD&V. Mais on oublie cette piste. Deuxième obstacle. Les francophones voudraient quand même bien profiter de l’occasion pour rééquilibrer la représentation internationale de la Belgique, qui est pour l’instant entièrement aux mains des Flamands.
Le CD&V et le VLD ont envoyé des signaux aux francophones en ce sens. Pour qui les Affaires étrangères. CDH, PS ou MR ? Spontanément, les regards se tournent vers le MR. Là encore, deux possibilités sont envisagées. Soit Didier Reynders, himself, prend les Affaires étrangères. Et le MR alors ? N’a-t-il pas dit, en juillet, quand on lui proposait ce poste-là, que les deux fonctions étaient incompatibles ? Les esprits peuvent évoluer. Il faudrait alors trouver quelqu’un pour les Finances. Et Charles Michel ne pourrait rester à la Coopération car le MR ne peut avoir et les Affaires étrangères et la Coopération au développement. Autre obstacle pour Didier Reynders : il n’est pas sûr qu’Elio Di Rupo et Joëlle Milquet voudront qu’il quitte un département pourri, les Finances pour un poste aussi prestigieux que les Affaires étrangères.
Selon l’autre scénario, c’est Charles Michel qui reprendrait les Affaires étrangères. Et Inge Vervotte (CD&V) qui irait à la Coopération. Là, il faut lever un obstacle : car rien ne dit que Didier Reynders ait très envie de donner ce poste à son "meilleur ennemi" du MR. Sauf qu’en posant ce geste, Didier Reynders offre le calumet de la paix à Charles Michel qui lui devient redevable
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