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l'après van rompuy

Le CD&V veut tout garder

V.d.W. et M. Bu.

Mis en ligne le 21/11/2009

Pas question, pour les démocrates chrétiens flamands, d’abandonner les Affaires étrangères. Il y a pourtant un grand déséquilibre international.

On sait où ça commence, on ne sait pas où cela finit

Faut-il, à l’occasion de la nomination d’Herman Van Rompuy, se contenter d’un remaniement mineur ou organiser des changements d’envergure ?

Les présidents de partis, encore eux, doivent négocier les changements d’équipes. Plusieurs thèses s’affrontent.

Le raisonnement du CD&V, principal parti concerné par le remaniement, est le suivant. Le CD&V a sacrifié son cartel avec la NVA sous la pression des francophones. Le CD&V a payé chèrement l’affaire Fortis : Leterme a dû démissionner injustement. Le CD&V perd à présent son Premier ministre appelé à de hautes fonctions européennes. Mais le CD&V n’y peut rien. Il ne faut pas tout bouleverser. Le mieux est donc de remplacer un Premier ministre CD&V par un autre CD&V, Yves Leterme en l’occurrence, et de remplacer le ministre des Affaires étrangères, Yves Leterme, par un autre CD&V. Et l’affaire est dans le sac.

Simple, non ? Trop simple aux yeux de certains francophones. Qui constatent ceci. Le CD&V a effectivement perdu son allié, la NVA. Il est donc surreprésenté au niveau gouvernemental par rapport au nombre de ses parlementaires. Il faut donc un rééquilibrage. D’autant qu’actuellement, tous les postes internationaux détenus par la Belgique sont aux mains de Flamands, CD&V pour la plupart : le Conseil européen (Van Rompuy, CD&V), le poste de Premier ministre (Leterme, CD&V), la Défense (De Crem, CD&V), le poste de commissaire européen (De Gucht, VLD). Il serait donc logique, plaident ces francophones - mais pa tous - pour que le ministère des Affaires étrangères revienne à un francophone.

Mais à qui ?

Le MR, premier parti de la plus grande famille politique, a 23 sièges au Parlement. Il serait en droit de revendiquer le poste de Premier ministre. Pour Didier Reynders. Mais les équilibres gouvernementaux négociés il y a un an sont tout autres. Donc, aujourd’hui, le MR accepte, du bout des lèvres, qu’Yves Leterme soit Premier ministre. En échange, il pourrait avoir une compensation, précisément celui de responsable de la diplomatie belge.

Mais comme nous l’avons déjà expliqué, plusieurs obstacles empêcheront sans doute que ce scénario se réalise. A supposer même que les Flamands soient d’accord et que la position du CD&V soit tactique, les francophones ne sont pas tous sur la même longueur d’onde. Le PS et le CDH ne sont en tout cas pas d’accord que Didier Reynders s’empare des Affaires étrangères. Ils préfèrent qu’il continue à végéter aux Finances. Un département jugé "pourri". D’ailleurs, il n’est pas sûr du tout que Didier Reynders soit candidat à ce poste car, dans ce cas, il devrait vraisemblablement lâcher la présidence de son parti qu’il a tant bien que mal préservée lorsqu’un vent de fronde s’est levé il y a quelques semaines à peine. Mais ne pourrait-il revendiquer cette compétence pour un des "siens" ? Pour Charles Michel par exemple ? Son entourage ne veut rien dire à ce sujet. Et l’on rappelle qu’en vertu des deux principes "stabilité et continuité", il est préférable de ne pas trop toucher aux équipes.

Dès lors, quel est le scénario le plus probable, s’il ne concerne que la famille CD&V ?

Yves Leterme devient Premier ministre.

Steven Vanackere reste vice-Premier ministre et devient en plus ministre des Affaires étrangères.

Inge Vervotte reprend à Steven Vanackere le poste de ministre des Entreprises publiques.

Steven Vanackere ministre des Affaires étrangères. "Pas de problème, sourit un de ses collègues. C’est un trilingue très posé. Je le vois même mieux dans cette fonction qu’Yves Leterme "

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