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Enseignement
La mixité passe par le réseau unique
Laurent Gérard
Mis en ligne le 21/11/2009
Pierre Galand, président du Centre d’action laïque (Cal), parle d’un ton posé. Mais là, à l’heure où l’on s’échine à pondre de nouvelles règles d’inscription à l’école secondaire, il avoue être "un peu énervé". "Parce qu’il y a des questions bien plus essentielles, peste-t-il. Et parce que si on a dû avoir cet arbitrage politique maintenant, c’est à nouveau parce qu’il y avait des distances sérieuses entre l’enseignement catholique et ceux qui défendent l’enseignement public. Va-t-on continuer cette guéguerre ou sera-t-on capable d’avoir une réflexion de fond ?"
La sortie du Cal dans "La Libre" en faveur d’un réseau unique d’enseignement (lire en page 59) n’étonnera pas grand-monde. Après tout, dans le plan stratégique que le Cal adopta en mars 2008, figurait déjà le projet d’une "transformation des réseaux d’enseignement actuels en un réseau unique, public, pluraliste et neutre". Mais alors que l’on n’a jamais autant parlé de mixité à l’école, Pierre Galand se méfie de l’arbre des inscriptions qui cache la forêt de la véritable mixité.
"Nos enfants ne méritent-ils pas mieux que de grandir dans cet esprit de concurrence qui déteint forcément sur eux ?" "Si", répond le Cal, définitivement. "La mixité sociale à l’école n’est pas qu’une question de décret, mais de projet pédagogique. Aussi, le Cal appelle à un rassemblement de tous les acteurs autour d’un objectif commun : l’épanouissement des élèves au sein d’un réseau unique."
Mais vouloir le réseau unique, n’est-ce pas naïf, voire irréaliste ? La Ligue de l’enseignement, association membre du Cal, ne le décrit-elle pas elle-même comme "une chimère" ? "Si vous dites ça, rétorque M. Galand, on reste encore et toujours au Pacte scolaire qui a maintenant 50 ans. Nous appelons à une réflexion sur la base de deux points. 1° Le bien de l’enfant : vous avez un nombre d’échecs scolaires retentissant en Communauté française. Et la multiplicité de réseaux (trois dans le public plus le libre) aboutit à un processus de disqualification de certaines écoles et de surqualification d’autres, dans lequel les parents sont de plus en plus inquiets. 2° Le budget limité de la Communauté française : cet éparpillement des réseaux coûte énormément. Et si on me répond qu’un élève du libre coûte moins à la Communauté, je dirai que c’est parce que les parents y sont davantage mis à contribution, ce qui pose problème."
Pierre Galand sait qu’en (re) lançant l’idée de la fusion des réseaux, "on est parti pour la gloire". "Mais si on n’ose pas poser les problèmes, conclut-il, on ne fera jamais que toucher à la périphérie de la question."
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