La Libre.be > Actu > Belgique > Article
l'après van rompuy
"Amen" , termina Herman Van Rompuy
Martin Buxant
Mis en ligne le 21/11/2009
Le jour d’après. Vendredi matin, les limousines ont tourné à toute berzingue entre le "16" rue de la Loi chez le Premier ministre et le Palais royal. Les allers-retours d’Herman Van Rompuy et de Didier Reynders, notamment, ont rythmé les travaux du Kern et du Conseil des ministres de ce lendemain de veille. Un véritable chassé-croisé, donc, pour cette réunion qui intervenait moins de douze heures après la désignation du Premier ministre belge comme président du Conseil européen.
L’atmosphère de cette réunion de (quasi) au revoir fut, si pas à la franche rigolade, au moins à la détente. Les deux vice-Premières, Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet, ouvrirent le bal en offrant à Herman Van Rompuy un cadeau - deux bouquins. C’est un collaborateur direct de l’humaniste qui fut chargé d’aller acheter deux livres dans la librairie bruxelloise "Filigranes" - à quelques pas de la rue de la Loi. Voilà donc Herman Van Rompuy qui repartira du Conseil avec un livre sur l’Europe écrit par l’ancien Premier ministre Pierre Harmel. Ainsi qu’une "brique" rédigée par l’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors. Tiens, il y a quelques jours, anticipant le départ d’Herman vers l’Europe, Paul Magnette, qui dans une autre vie fut politologue à l’ULB, a offert son propre livre sur l’Europe à Herman Van Rompuy "Si avec tout ça, Herman Van Rompuy ne frise pas l’indigestion" , s’amuse un membre du gouvernement
Devant le "16", en fin de matinée, une kyrielle de journalistes s’agglutinent, des caméras, des objectifs, c’est qu’il s’agit de tirer le portrait du nouveau VIP européen. Les extrémistes flamands du Vlaams Belang sont venus déposer une stèle avec le sigle "BHV" - histoire de rappeler le Premier ministre belge sortant à ses engagements de régler la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Elle s’écroule avec fracas, sur le coup de 11h30, victime d’une rafale venteuse bien sentie.
A l’intérieur du "16", l’humeur est (toujours) à la détente. On se congratule, on blague. Tenez : Joëlle Milquet, la vice-Première humaniste lance : "N’en déplaise à Charles (Michel, NdlR), c’est quand même Herman qui à partir d’aujourd’hui va beaucoup plus fréquenter Carla Bruni-Sarkozy que lui." Hilarité générale. On débouche le champagne. On vous fait grâce des quelques blagues sur la future collègue d’Herman Van Rompuy à l’Europe, Catherine Ashton. Soit.
"Tu vas encore dire que c’est pour ton anniversaire qu’on boit du champagne aujourd’hui !", lance Melchior Wathelet au Premier ministre en faisant allusion au drink improvisé deux semaines auparavant en Conseil des ministres par Herman Van Rompuy. Non : cette fois, c’est bel et bien pour fêter son accession sur la plus haute marche du podium européen que le Premier ministre fait sauter les bouchons. "Herman , interroge alors Laurette Onkelinx, vous allez quand même nous regretter quand vous serez parti à l’Europe ?"
Silence religieux. Là, celui qui est Premier ministre pour quelques semaines encore se lance dans un petit discours. Entièrement improvisé : "C’est exact qu’au début, je n’étais pas enthousiaste à l’idée de devenir Premier ministre , commence-t-il, mais je suis, de fil en aiguille, devenu passionné par cette fonction et je l’ai exercée pleinement. Je pense qu’on y est allé doucement, mais que le bon esprit était présent dans cette équipe. Cela me fait penser aux gouvernements pilotés par Jean-Luc Dehaene à l’époque où, chemin faisant, l’esprit d’équipe arrivait J’ai toujours pensé que les aspects humains et l’état d’esprit étaient très importants pour faire avancer les choses. Je pense qu’avec un tel état d’esprit, nous pouvons régler Bruxelles-Hal-Vilvorde."
Et voilà le Premier ministre qui conclut sa tirade par un "Amen" . Ironique
Plusieurs membres du Conseil des ministres glissent alors un petit mot à Herman Van Rompuy en aparté. Dans les couloirs du "16", les collaborateurs du Premier ministre déambulent - un peu inquiets à l’idée de savoir de quoi leur avenir sera fait.
Quatorze points sont à l’ordre du jour de ce Conseil de ministres du vendredi - dont l’examen de la loi-programme. C’est une formalité. L’un des autres points à examiner est porté par le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Olivier Chastel. Le libéral francophone est censé faire l’inventaire des infractions de la Belgique par rapport aux lois européennes - notamment les retards dans la transposition des directives européennes en droit belge. Bonnet d’âne pour la Belgique : elle est l’avant-dernière plus mauvaise élève de la classe européenne, une mauvaise publicité pour le président du Conseil européen. Herman Van Rompuy prend acte de la situation présentée par Olivier Chastel. Et termine par une boutade : "Ah ! De toute façon, tout ceci n’est plus de ma faute, c’est du ressort du prochain Premier ministre belge" , rit-il.
"C’est vrai que ça ne devait pas être très drôle d’être à la place d’Yves Leterme pendant ce Conseil des ministres , observe un participant. Herman Van Rompuy a reçu tellement de compliments Tandis qu’Yves Leterme, tout le monde l’attend au tournant."
Champagne.
BHV et inspection scolaire: 2 malaises belges en vue
'Le rôle de l'armée n'est pas d'éduquer les jeunes'
Nos autoroutes sont trouées, bonjour les dégâts !
Europe Ecologie en bonne position
Réactions des Lyonnais...
On refait le match en vidéo...
La Rafle