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Cheron: "Je sens une fermeture au MR"
Vincent Rocour
Mis en ligne le 23/11/2009
Marcel Cheron est un habitué des négociations communautaires. Le sénateur Ecolo les a toutes faites depuis 15 ans. Voici son analyse.
Comment interprétez-vous la désignation de Wilfried Martens comme facilitateur ?
S’il s’agissait simplement de faire un remplacement poste par poste et de continuer avec la même coalition, le même budget, le même programme, le Roi n’aurait pas jugé utile de le désigner un facilitateur. S’il a jugé devoir le faire, c’est manifestement pour régler BHV ou en tout cas expliquer pourquoi on ne le règle pas.
Faut-il négocier BHV maintenant ?
S’il y a une opportunité de le faire maintenant, ce serait positif. Il y a une incertitude politique d’aller aux élections fédérales sans avoir régler cette question.
Au MR, on dit qu’on pourrait revenir aux anciens arrondissements électoraux pour passer le cap des prochaines élections fédérales…
Dans le dossier BHV, la seule chose qui compte, c’est d’avoir une solution négociée. Même une solution provisoire devra être négociée. Toute proposition qui hérisserait le monde politique flamand ne passera pas le cap. On peut essayer cela. Mais je n’en vois pas la nécessité.
Faut-il négocier BHV isolément ?
Il y a plusieurs façons d’élargir le débat autour de BHV. Soit on l’intègre dans une discussion globale où l’on retrouve les lois spéciales, les questions de financement, de répartition de compétences. C’est l’idéal, parce que c’est toujours comme cela que la Belgique a fait : comme pour le fromage belge, il y a un peu de tout sur la table et chacun peut y trouver son compte. Mais je pense qu’on n’en aura pas le temps. On peut alors un peu élargir BHV en considérant que BHV, c’est 3 choses : des droits politiques, des droits administratifs et des droits judiciaires.
Par exemple ?
Par exemple, trouver des solutions durables sur tout ce qui pollue la situation dans la grande périphérie de Bruxelles. Il n’y a pas que le FDF qui estime inacceptable que des bourgmestres largement élus ne soient toujours pas désignés.
Quelle formule de négociation ?
On en a déjà testé tellement. Toutes les formules sont biodégradables parce que tôt ou tard, ce sont les présidents de parti qui règlent ces questions.
Ecolo ira à la négociation s’il est appelé ?
Evidemment. Notre volonté est toujours de trouver des solutions.
Philippe Moureaux et Jean-Claude Marcourt (PS) ont dit que BHV serait un jour scindé. Vous pensez la même chose ?
Si la scission se fait dans le cadre de compensations acceptables, alors oui, je crois qu’il y aura scission. La question est de savoir comment on garde des droits électoraux, administratifs et judiciaires pour des gens qui ont le bonheur ou le malheur de vivre en Région flamande.
Sentez-vous une volonté plus grande d’aboutir dans ce dossier aujourd’hui que dans le passé ?
Je sens une grande ouverture au PS. Je sens une grande fermeture au MR, singulièrement au FDF. Et du côté néerlandophone, je ne sens rien de particulier sinon un grand embêtement.
S’il n’y a pas de solution à la fin mars, le parlement bruxellois doit-il selon vous aussi déclencher un conflit d’intérêt ?
On imagine bien la difficulté de reproduire à la Région bruxelloise ce qui a été dénoncé au parlement fédéral : organiser un vote d’une majorité contre une minorité. Cela dit, décider un conflit d’intérêt, cela n’a quand même pas la même portée que d’imposer une norme s’imposant à tous. Le conflit d’intérêt à Bruxelles ne va pas léser en droit les Flamands de Bruxelles. Au contraire, cela peut contribuer à donner du temps à la négociation et immuniser la présidence belge. Mais nous ne sommes pas encore là.
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