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sentiment d'insécurité

Un petit peu moins peur

An.H.

Mis en ligne le 27/11/2009

Le sentiment d’insécurité recule selon une tendance constante depuis 8 ans. Les personnes âgées, les femmes, les chômeurs… l’éprouvent davantage.

Par définition, le sentiment de sécurité ou d’insécurité qu’éprouvent les citoyens est parfaitement subjectif. Il n’empêche : la manière dont cette perception évolue dans le temps fournit des informations utiles pour l’élaboration de la politique à suivre en matière de sécurité.

D’où l’importance accordée par le commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg, et la ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom (Open VLD), aux résultats du "Moniteur de sécurité 2008/2009" présentés jeudi. Il s’agit de la plus importante enquête scientifique en matière de sentiment d’insécurité et de victimisation en Belgique, qui se déroule tous les deux ans depuis 1997. Pour cette septième édition, 37 000 Belges ont été interrogés par téléphone. La collecte des données s’est étalée de décembre 2008 à juillet 2009. Les enquêteurs ont aussi interrogé les citoyens sur leurs réactions quand ils sont victimes d’un délit (le signalent-ils ? déposent-ils plainte ?) et sur leur degré de satisfaction face au travail policier (lire ci-dessous).

A la question : "Vous arrive-t-il de vous sentir en insécurité ?", 1,4 % des répondants affirment avoir "toujours" peur et 6,5 % "souvent". Autrement dit, en 2008, 8 % des citoyens se sentent en insécurité de façon (quasi) permanente. Cela représente une légère baisse par rapport au précédent "Moniteur" (2006) : le pourcentage atteignait alors 9 %. Si on observe l’évolution de ce sentiment sur dix ans, on constate qu’après avoir connu une hausse entre 1997 et 2000, le sentiment d’insécurité recule selon une tendance constante (voir infographie).

Certains groupes de population se sentent plus en insécurité que les autres. Les personnes âgées de plus de 65 ans répondent le plus souvent qu’elles ont "toujours" ou "souvent" peur. A l’inverse, les plus "cool" se trouvent dans la catégorie 35-49 ans.

On constate aussi que les femmes (10 %) se sentent plus en insécurité que les hommes (5,6 %). Le sentiment d’insécurité se révèle aussi davantage chez les chômeurs et chez les personnes moins scolarisées.

Le "Moniteur" montre aussi une différence de perception significative entre les citoyens qui ont été victimes d’un délit au cours des 5 dernières années (12,9 %) et les autres (6,3 %). Le lien est évident entre sentiment d’insécurité et victimisation, puisque ceux qui ont déjà été agressés ou volés se sentent deux fois plus en insécurité que les autres.

Pour tenter de se rassurer, on adopte certains comportements d’évitement : 26, 4 % des répondants n’ouvrent pas à des inconnus; 18,5 % mettent leurs objets de valeur en lieu sûr; 16 % ne sortent pas de chez eux quand il fait noir et 11,1 % contournent certains lieux de leur commune. Dans les familles avec enfants, plus d’un tiers évitent autant que possible de laisser leurs enfants quitter la maison.

En 2008, pour la première fois, les citoyens ont été questionnés sur leur attitude face aux transports en commun. Résultat : l’an dernier, 7 % des répondants ont déclaré éviter le train, le tram, le bus ou le métro, parce qu’ils ne les trouvent pas sûrs.

Ici encore, les personnes âgées, les femmes, les chômeurs et les personnes sans profession adoptent davantage les comportements d’évitement.

Savoir Plus

Un beau bulletin pour le travail policier: 89,2%

Large satisfaction . Près de 9 Belges sur 10 (89,2 %) estiment que les services de police font du bon boulot. Si les citoyens qui ont été victimes au cours des 12 derniers mois (7 % des répondants) sont moins positifs que les autres, ils restent une majorité à se féliciter du travail de la police.

En dix ans, l’indice de satisfaction des citoyens a grimpé de 10 %. Autre indication : 75 % des citoyens jugent aujourd’hui que les services de police collaborent bien, contre 67 % en 2002, juste après la réforme des polices. Un constat "assez rassurant pour nous", commente le patron de la police, Fernand Koekelberg. Pour la ministre de l’Intérieur, "cette confiance en hausse depuis dix ans est le signe de la réussite globale de la réforme, même s’il reste des choses à améliorer".

En 2008, 30 % des citoyens interrogés ont eu un contact avec la police (hors du cadre de la victimisation) pour une contravention, le signalement d’un délit ou un acte administratif : les trois quarts s’en sont déclarés ravis. An.H.

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