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Périphérie bruxelloise
Van Rompuy va être interpellé
Martin Buxant
Mis en ligne le 30/11/2009
On n’échappe pas à Bruxelles-Hal-Vilvorde. Peu importe qu’on soit président du Conseil européen : les trois bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise vont interpeller le CD&V Herman Van Rompuy afin qu’il prenne position dans ce conflit qui empoisonne les relations entre francophones et Flamands depuis plus de trois ans.
"Face à ces dénis de démocratie répétés auxquels nous sommes confrontés, expose le bourgmestre (non nommé) de Linkebeek, le FDF Damien Thiéry, nous allons écrire au président du Conseil européen. Nous voulons connaître sa position alors que la Commission européenne, par exemple, a de nombreuses fois condamné les dérives flamandes dans la périphérie bruxelloise. Qu’en pense Herman Van Rompuy? L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a clairement demandé que les trois bourgmestres de la périphérie soient nommés, et ce n’est toujours pas le cas! On ne peut pas, d’une part, se targuer d’être au sommet de l’Europe et, d’autre part, cautionner ces manœuvres flamandes qui bafouent les règles les plus élémentaires de la démocratie!", souligne Damien Thiéry. Et voilà donc Herman Van Rompuy rattrapé par le brûlot communautaire alors qu’il n’est pas encore officiellement à la tête du Conseil européen (son mandat débute le 1er janvier). Quelle attitude adoptera-t-il donc alors que, par exemple, les instances européennes demandent à la Flandre de ratifier la convention cadre sur la protection des minorités?
Rappel, trois bourgmestres libéraux, à Linkebeek, à Crainhem et à Wezembeek, n’ont toujours pas été nommés par la tutelle flamande plus de trois ans après les élections communales de 2006. La Région flamande leur reproche de ne pas avoir respecté les circulaires flamandes en envoyant les convocations électorales en français aux habitants francophones de leur commune.
L’interpellation de l’ex-Premier ministre belge, remplacé la semaine dernière au "16" par son collègue de parti Yves Leterme, s’effectue avec l’assentiment clair du président du FDF Olivier Maingain - mis au courant de la démarche. "La nomination des trois bourgmestres est une condition pour avoir un accord communautaire", a répété Olivier Maingain cette semaine. Un autre CD&V, Jean-Luc Dehaene, a été chargé de déminer le dossier de la scission de BHV - dossier pour lequel "une solution négociée" "doit" être trouvée au printemps prochain, selon les termes de la déclaration gouvernementale de Leterme II.
Reste que l’ambiance, dans la périphérie bruxelloise, est tout sauf à l’apaisement. Ainsi le gouverneur du Brabant flamand, le SP.A Lodewijk De Witte, vient-il d’invalider une série de décisions prises par le conseil communal de Linkebeek - dont la prestation de serment d’un élu socialiste ! - au motif qu’elles avaient été effectuées à "huis clos". Pourquoi un "huis clos"? "C’est simple, éclaire Damien Thiéry, nous avons dû suspendre un conseil communal en septembre dernier parce que des flamingants ont fait irruption dans notre salle pour fêter les 1 000 jours sans nomination des trois bourgmestres... Dès lors, nous avons été empêchés de tenir notre conseil communal. Et nous l’avons recommencé à huis clos". Mais le gouverneur a recalé les décisions actées à huis clos. Elles devront repasser par une séance du conseil communal, ce lundi soir à Linkebeek, pour avoir une chance d’être validées.
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