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Région wallonne

Freiner l’urbanisation rurale

P.P.

Mis en ligne le 02/12/2009

Un objectif central de la législature wallonne. Le ministre Henry espère amorcer le mouvement par une prise de conscience et des incitations.

Devant des experts, fonctionnaires régionaux et conseillers locaux réunis mardi à Namur par la Conférence permanente du développement territorial (en encadré), Philippe Henry (Ecolo), fort discret jusqu’ici, a somme toute étrenné publiquement son encore tout neuf mandat de ministre wallon de l’Aménagement du territoire.

Son leitmotiv, pour les années à venir : freiner la désurbanisation (ou, si on préfère son pendant, l’urbanisation des territoires ruraux). Pourquoi ça, freiner ce que les initiés appellent "la périurbanisation" ? Il cite 5 "bonnes raisons" : le surcoût de l’habitat dispersé pour les finances individuelles et publiques; la réduction des gaz à effets de serre par une autre structuration du territoire; la possibilité/imminence du pic du pétrole et de sa raréfaction qui suivra (alors que le choix d’habitats excentrés est fondé sur le postulat d’énergies fossiles abondantes); l’impossibilité pour les transports en commun de remplacer partout la voiture dans les zones périurbaines et rurales; l’exigence d’augmenter l’offre de logements eu égard au vieillissement et à l’accroissement annoncés de la population. Et de rêver à des villes, demain, qui soient celles des modes de déplacements doux et en commun, "compactes ou de courtes distances" , plus denses sans pour autant "être oppressantes" ; etc. Les espaces les plus proches des gares seraient les plus propices au développement des activités économiques et d’habitat, de même que des territoires de banlieue ou de campagne s’ils sont "dynamiques" et bien desservis par les transports en commun.

Bref, "à défaut de mesures appropriées, la tendance actuelle se poursuivra : les nouveaux logements se construiront en Wallonie hors des noyaux d’habitat, dans des espaces d’accessibilité réduite".

Sans doute, mais quelles mesures ? "Je ne vais pas refuser la construction de toute villa, ou revoir tous les plus de sec teurs pour imposer des recentrements , convient M. Henry; je ne vise pas d’abord l’interdiction." Mais il veut informer et inciter. Informer d’abord, "agir sur la conscience collective" , celle des citoyens comme des pouvoirs locaux encore alléchés d’abord par les rentrées financières des bâtisseurs de "4 façades". Inciter ensuite, aux noyaux d’habitat, par l’évaluation de tout projet d’envergure à l’aune d’une densité suffisante; on peut aussi s’attacher à rendre la ville plus attractive (transports, concours d’architectures, nouveau schéma commercial ).

A propos de plans de secteur, le prédécesseur de M. Henry, André Antoine (CDH), se refusait à en amorcer une large révision, tant le chantier lui paraissait colossal pour de maigres résultats. Le nouveau ministre n’en est guère éloigné, quoique plus nuancé : "Ce n’est pas le premier projet du gouvernement" ; les demandes de modifications sont à examiner au cas par cas; sinon mieux vaut travailler sur les outils de politique foncière, pour agir à court terme sur les terrains mobilisables.

Ses priorités sont donc ailleurs. Comme celle (à l’inverse, ici, de M. Antoine) d’ "un cadre de référence" pour les éoliennes, sans aller jusqu’à une cartographie précise (notamment pour éviter les spéculations). Ou celle de l’évaluation du Cwatupe, courant 2010, suivie du souci de bien doser deux attentes souvent contradictoires : celle d’améliorer ledit code, et celle d’arrêter de le réformer sans arrêt !

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