Abonnez-vous a La Libre Belgique

Social

Le préavis des ouvriers dans la balance

Mis en ligne le 08/12/2009

Le chômage économique des employés devait servir de monnaie d’échange.
Eclairage Vincent Rocour

C’est sur la question des préavis que butent les négociations. Et c’est sur cette question que les syndicats ont attaqué bille en tête. Pourquoi ?

Il y a deux raisons. La première est directement liée à la crise. Les principaux instituts de prévisions macroéconomiques tablent sur la poursuite des licenciements au cours de l’année prochaine - en dépit de taux de croissance qui devraient retrouver des valeurs positives. La crainte, c’est que les ouvriers en fassent les frais. Ils se disent en tout cas plus exposés. " Les ouvriers craignent les licenciements à venir , confiait un permanent de la FGTB lors de la manifestation organisée vendredi à Bruxelles. Quand les employeurs dresseront la liste des travailleurs à licencier, ils choisiront en priorité les ouvriers. Et pour cause : cela leur coûte moins cher de se séparer des ouvriers que des employés ." Le délai de préavis pour les employés est de 3 mois par tranche de 5 ans d’ancienneté. Pour les ouvriers, la base légale, c’est 35 à 112 jours selon l’ancienneté. La différence entre les deux est flagrante.

L’autre raison qui pousse les syndicats à vouloir réclamer de meilleurs préavis pour les ouvriers est aussi liée à la crise. Mais plus indirectement.

On le sait : le gouvernement, sous l’impulsion de la ministre de l’Emploi Joëlle Milquet (CDH), a octroyé le chômage temporaire pour les employés durant 6 mois - et renouvelable une fois. Il répondait ainsi à la demande pressante des employeurs qui voulaient étendre ce dispositif jusque-là réservé aux ouvriers. Les patrons ont fait valoir que cela leur permettrait de faire face à la crise et à la raréfaction des commandes en évitant de devoir licencier leurs employés.

Les syndicats ne sont cependant pas ravis. Les centrales des employés se méfient du chômage économique. Ils savent qu’un tel mécanisme conduit à une plus grande flexibilité des travailleurs. Une flexibilité qui a un coût puisque les allocations de chômage temporaire couvrent au maximum 75 % du salaire.

Les centrales syndicales ouvrières ne sont pas davantage heureuses. Elles savent que le chômage économique des employés peut servir de monnaie d’échange pour obtenir des patrons une meilleure protection contre le licenciement des ouvriers. Car dans le dossier de l’harmonisation du statut ouvriers-employés, chaque camp lorgne sur son trophée : les syndicats veulent de meilleurs préavis pour les ouvriers et les patrons, le chômage économique des employés. C’est d’ailleurs bien parce qu’ils craignaient de perdre définitivement leur puissant levier que les syndicats ont réclamé - et obtenu - que le chômage économique ne soit accordé aux employés que de façon temporaire. En réclamant aujourd’hui un rallongement du délai de préavis pour les ouvriers, les syndicats cherchent en quelque sorte à rétablir l’équilibre. Mais ce faisant, ils se heurtent frontalement aux employeurs.

V.R.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page