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polémique

La station d'épuration redémarrera ce jeudi soir

V.d.W.

Mis en ligne le 17/12/2009

La station d’épuration du nord de Bruxelles est à l’arrêt. La pollution s’étend sur les cours d’eau flamands. La lenteur de réaction de la ministre Huytebroek irrite.

La station d'épuration de Bruxelles nord, dont l'arrêt a causé une importante pollution de trois cours d'eau en Flandre, reprendra du service jeudi soir ou dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué jeudi matin la ministre bruxelloise de l'Environnement Evelyne Huytebroeck à ses collègues de gouvernement, a-t-on appris à bonne source. La question de la confiance n'a par ailleurs été ni évoquée ni même demandée au sein de l'équipe ministérielle, a-t-on encore appris.

Un scandale: il n’y a sans doute pas d’autres mots pour qualifier la situation environnementale provoquée par l’arrêt inexplicable de la station d’épuration Nord de la capitale du pays. Un arrêt décidé sans concertation apparente avec les autorités publiques par Aquiris (filiale de Veolia), la société privée qui exploite la station.

La fermeture, temporaire, de ces installations a entraîné des dégâts considérables dans les cours d’eaux dans lesquels sont rejetées les eaux usées et habituellement traitées de plus d’un million de personnes; la Senne, le Ruppel et l’Escaut. La Flandre n’a pas de mots assez durs pour condamner cette situation: elle réclame la démission de la ministre responsable de l’Environnement en Région bruxelloise, Evelyne Huytebroeck (Ecolo).

Celle-ci, comme on le lira par ailleurs, estime qu’elle n’a rien à se reprocher et renvoie la responsabilité de ce chaos à la société qui exploite la station Nord, laquelle affirme être dans son droit. Tout cela paraît vain et tragique car en attendant, la station Nord ne fonctionne pas et les dégâts s’accumulent.

Il semble bien qu’un litige oppose, depuis le début même de l’exploitation de la station, les autorités publiques bruxelloises et ceux qui ont obtenu la concession pour le traitement des eaux usées. La station ne donnerait pas entière satisfaction. Aquiris estime que les collecteurs des réseaux d’égouttage ne sont pas prévus pour acheminer des déchets importants tels que blocs de béton, briques et câbles électriques qu’elle reçoit en quantité. L’accumulation de ces matériaux, qui se situerait "hors de la compétence des gestionnaires, en amont de la station" serait de nature à compromettre la sécurité de son personnel et à endommager les installations.

Ces explications techniques n’ont pas convaincu les responsables politiques. Dès lors, Evelyne Huytebroeck a initié une action en cessation environnementale devant le tribunal de première instance de Bruxelles, en vue de contraindre Aquiris à rétablir le fonctionnement intégral de la station d’épuration Nord. Les conseillers de la ministre étudient par ailleurs les possibilités d’intenter une procédure en responsabilité environnementale, afin de payer les dégâts. Sur le plan politique, nombreux sont ceux qui estiment que le contrat passé avec Aquiris est trop laxiste. D’autres vont plus loin et réclament que la gestion de la station revienne aux pouvoirs publics.

La Flandre estime qu’elle a été tardivement informée, et critique la lenteur de réaction d’Evelyne Huytebroeck, rentrée dare-dare de Copenhague où elle devait représenter la Belgique aux réunions des ministres de l’Environnement. Elle va sans doute vivre des heures difficiles, ce jeudi, d’abord au gouvernement bruxellois puis en commission spéciale de l’Environnement.

Savoir Plus

Pollution

Epuration des eaux. Le 8 décembre, la société Aquiris qui exploite la station d’épuration Nord de Bruxelles, a arrêté le traitement des eaux provenant des égouts bruxellois et rejetées dans la Senne.

Pour l’instant donc, ce sont donc des eaux non épurées qui sont rejetées dans la Senne. La pollution a également été constatée dans les eaux du Rupel et de l’Escaut.

Aquiris a promis de réactiver la station d’épuration de Bruxelles-Nord. La société affirme qu’elle recherche actuellement une solution afin de pallier les conséquences des apports massifs de déchets divers (blocs de béton, gravats, madriers, etc.) acheminés par les collecteurs dans la station. D’après Aquiris, l’utilisation de collecteurs d’égouts comme décharge de matériaux solides divers - qui obstruent et perturbent le fonctionnement de la station - se situe hors de sa responsabilité contractuelle.

Pour la ministre bruxelloise de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck, en revanche, la composition des eaux à épurer n’a pas changé depuis l’inauguration de la station. Si la présence de gravats est confirmée, rien n’empêche Aquiris de les retirer et de relancer au plus vite le fonctionnement de la station.

Une action en justice a été introduite. Les pénalités de non-fonctionnement de la station sont très élevées pour l’exploitant: entre 100 000 et 130 000 euros par jour.

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