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entretien

Leterme: "Plus jamais en cartel avec la N-VA"

Martin Buxant et Francis Van de Woestyne

Mis en ligne le 09/01/2010

Le Premier ministre encourage Régions et Fédéral à coopérer: "La Belgique a de grands atouts". Yves Leterme dessine un fédéralisme de coopération.

Vous avez dit que vous n’aviez plus confiance dans la justice de ce pays. Vous maintenez ?

Je n’ai pas formulé cela comme ça. J’ai dit que comme tout citoyen je me posais parfois des questions

Estimez-vous avoir été victime du mauvais fonctionnement de la justice ?

J’en ai assez dit là-dessus. Le souci principal est de voir de quelle façon on peut diminuer la méfiance du citoyen. Le citoyen a, vis-à-vis de la justice ou de la fiscalité, un sentiment d’injustice, je le répète depuis longtemps.

Il faut des grandes réformes de fond et restaurer la confiance et la crédibilité dans la justice. On va s’y investir un maximum. Le sentiment d’équité doit revenir. Vivre sa citoyenneté, c’est entre autres avoir le sentiment que la justice est rendue et qu’elle est équitable. Qu’on est respecté et que les mêmes règles du jeu sont applicables à tous.

Quand on voit les intentions de vote et l’explosion de la N-VA, ne regrettez-vous pas, vous, le père du cartel, d’avoir abandonné ce projet ?

En tant qu’ancien président de parti, je pense que l’éparpillement des forces politiques, en Flandre, rend très difficile une gestion efficace des problèmes. Le cartel traduisait ce que 45 à 50 % des Flamands voulaient, sur le communautaire mais aussi et surtout sur le modèle de société et le socio-économique. Etre généreux pour ceux qui sont dans le besoin, une politique ancrée au centre, dans la tradition de la démocratie-chrétienne.

Tenterez-vous un jour de reconstituer ce cartel ?

Non. Il y a une incapacité historique de la N-VA à prendre ses responsabilités.

En même temps, ils n’ont jamais été aussi forts qu’aujourd’hui…

C’est vrai. Cela veut dire que ce qu’ils expriment est important et qu’il faut prendre cela au sérieux.

Après la présidence européenne, vous serez en campagne pour les fédérales de 2011 ?

Je ne pense pas en terme de campagne. En 2007, j’ai limité ma campagne au maximum. Les gens me connaissent avec mes forces et mes faiblesses.

Pieter De Crem dit que la Belgique a retrouvé de la crédibilité sur la scène internationale…

Là où je ne suis pas d’accord avec lui, c’est quand je lis (dans "La Libre" de jeudi, NdlR) qu’il dit que la Belgique est "un petit pays fiable" ! La Belgique n’est pas un petit pays, c’est un pays moyen.

Ça dépend de l’échelle…

On est le 76e pays au monde au niveau de la population, la 19e puissance économique au monde ! Nous sommes le 12e pays de l’Union européenne !

La Belgique, ce n’est pas le Danemark, Chypre ou Malte On ne doit pas trop dire qu’on est un petit pays. Nous sommes un pays qui compte, il suffit de voir en Afghanistan

Percevez-vous cette nouvelle crédibilité internationale de la Belgique ?

Il faut être de bon compte : on ne va quand même pas reprocher à Pieter De Crem de défendre sa politique. Mais il y a de bonnes choses qui ont été faites avant, sous Flahaut aussi.

Nous sommes aujourd’hui sur l’échiquier international un partenaire qui compte. Il ne faut pas exagérer tout ce qu’on a dit sur l’impact de la situation politique en Belgique sur la scène internationale. Si vous me demandez quel est le thème central des discussions internes à Riga aujourd’hui

Est-ce que vous vous rendrez au Congo pour les cérémonies sur le 50e anniversaire de l’Indépendance ?

Si je suis invité officiellement, je m’y rendrai. C’est un moment très important pour la République démocratique du Congo et sa population.

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