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Politique | Les francophones de Flandre
Une encyclopédie fla mande détonante
Christian Laporte
Mis en ligne le 21/01/2010
Ala fin de l’an dernier, l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre publiait un intéressant et utile sondage montrant que l’on pouvait estimer à 367 000 personnes la présence francophone au nord du pays. L’on aurait pu penser que cette étude menée avec toutes les garanties scientifiques aurait fait bouger le monde politique et intellectuel. Il n’en fut rien à l’exception du FDF mais qui s’intéresse surtout à la périphérie bruxelloise pour les raisons électorales que l’on sait.
Du côté flamand, le silence fut encore plus assourdissant, voire un peu gêné. Ce n’est cependant pas ce mutisme récurrent qui empêche l’APFF, dont il faut rappeler que l’objectif n’est nullement de franciser la Flandre mais de voir reconnus les droits culturels des francophones, de poursuivre son combat
Edgar Fonck et Marcel Bauwens, qui l’animent, viennent de lever un fameux lièvre: la classe politique flamande ne connaît pas ses classiques.
En effet, si elle fait mine de l’ignorer, les intellectuels et les hommes de sciences admettent depuis près de 40 ans qu’il y a une minorité francophone en Flandre.
"Pour preuve" expliquent-ils, "nous renvoyons les sceptiques à un ouvrage qu’on ne peut pas taxer d’être tiède sur le plan communautaire puisqu’il s’agit de l’Encyclopédie du Mouvement flamand dont la première édition remonte à 1973 et de la Nouvelle Encyclopédie du Mouvement flamand, sa réactualisation de 1998, qui bénéficie en outre du soutien officiel du ministère de la Communauté flamande."
Et de nous expliquer que tant en 73 qu’en 98 y figurent noir sur blanc des articles évoquant la minorité francophone en Flandre "Rien de tel qu’une citation: "en Flandre, il y a depuis des siècles une petite partie de la population qui est francophone". Si l’on examine ce texte à l’aune de la résolution du Conseil de l’Europe sur la protection des minorités en Belgique, ce texte qui a l’aval du Mouvement flamand apparaît comme un véritable plaidoyer en faveur de la reconnaissance par la Flandre de sa minorité francophone."
Fonck et Bauwens vont plus loin: "Les auteurs y mettent aussi à mal deux fameux mythes. D’abord celui selon lequel l’aristocratie d’abord, la bourgeoisie ensuite, auraient obligé le petit peuple de Flandre à apprendre le français. La vérité est que face à la multiplicité des dialectes flamands, l’on opta pour l’usage du seul français. Celui-ci s’est imposé de facto et pas par une volonté d’impérialisme francophone! Mais il en est un autre selon lequel les francophones ne trouveraient pas dignes d’apprendre le néerlandais".
Et de nous renvoyer encore à l’encyclopédie: "les francophones en Flandre qui sont pour la plupart bilingues se sont adaptés (à l’exception de la périphérie et des Fourons) au changement des circonstances mais comme l’explique Luc Beyer, ils veulent rester ce qu’ils sont: des francophones en Flandre".
Mieux, l’APFF y a aussi relevé que les auteurs de l’Encyclopédie font état de la présence de quelque 300 000 francophones soit 5 % de la population nordiste
Enfin, l’association a aussi trouvé dans l’Encyclopédie une excellente raison pour que la minorité francophone bénéficie enfin d’une protection juridique De fait, "lorsque la Flandre est devenue la région la plus riche de Belgique, le prestige du néerlandais augmenta et devint un atout à tous les niveaux". Mais "à partir d’alors, des facteurs importants commencèrent à jouer contre les francophones: pas de protection juridique, à part celle de leurs droits individuels, pas d’instances propres, pas de subventions de leurs manifestations culturelles". Pour l’APFF, il est temps que les politiques fassent leurs ce que dit l’ouvrage de référence sur l’émancipation flamande
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