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Enseignement

Un contrat de confiance pour avancer

Mis en ligne le 25/01/2010

Pour lutter contre ce qu’il nomme "l‘échec injuste", le professeur André Antibi préconise un système d’"évaluation par contrat de confiance". Suite à l’appel du Mouvement contre la constante macabre et aux nombreuses conférences d’André Antibi, 30 000 enseignants français mettraient déjà en pratique cette méthode.

Que proposez-vous dans votre “contrat de confiance” ?

J’aide l’enseignant à se débarrasser de ses mauvaises habitudes. L’étape essentielle consiste à donner aux élèves une liste écrite de questions corrigées, une semaine avant le contrôle. Ces questions, qui ne portent que sur le programme officiel, représenteront les 4/5e de l’évaluation. Mais ça ne veut pas dire qu’on donne le sujet à l’avance. L’élève sera par exemple interrogé sur deux des quinze propositions. Ce sont exactement les mêmes énoncés au test parce que même une petite variation est source d’obstacle gigantesque pour l’élève.

L’élimination des obstacles signifie-t-il la fin de l’échec scolaire ?

Mon "contrat de confiance" n’est pas la solution miracle, sinon j’aurais déjà décroché le prix Nobel ! Avec le "contrat de confiance", il reste environ 10 % d’élèves en échec qui peuvent être aidés. Notre but est avant tout de lutter contre l’échec injuste, qui touche souvent les élèves défavorisés ne pouvant pas payer de cours particuliers. Pour éviter cette différence entre riches et pauvres, le professeur peut organiser une séance de questions-réponses un jour ou deux avant le test. La demande doit venir des élèves pour qu’ils aient la possibilité de poser des questions par rapport à la liste, mais ce n’est pas une séance de révision.

L’élève risque d’apprendre les sujets par cœur et de ne plus réfléchir…

C’est impossible parce qu’il y a trop de matière. En mathématiques par exemple, c’est infaisable de restituer une liste de symboles sans les comprendre. Mais il est certain qu’il faut les apprendre par cœur pour pouvoir les utiliser, comme dans toute méthode. Quant à la réflexion, elle se fait aussi pendant toute la phase d’apprentissage, qui constitue environ 11/12e de l’année. Et l’évaluation ne se fait jamais par questionnaire à choix multiples, ce n’est pas le but.

Le rôle de l’école, et a fortiori de l’université, n’est-il pas de sélectionner les meilleurs élèves et de faire échouer les moins bons ?

La sélection se fait plus tard et, surtout, pas de manière sournoise. C’est le rôle des concours d’entrée, des entretiens d’embauche Il ne faut bien sûr pas oublier de valoriser le travail des bons élèves pendant la phase d’apprentissage. Je préconise également de donner une question plus difficile à l’examen, mais qui n’est pas notée.

30000 professeurs utiliseraient déjà votre méthode. Quel bilan pouvez-vous dresser pour le moment ?

Nous avons mené une expérience pendant trois ans dans des milliers de classes. Le bilan est très positif. Les élèves ont davantage confiance en eux et vis-à-vis de leur professeur. Nous constatons aussi qu’ils travaillent beaucoup plus parce qu’ils savent que leur travail sera récompensé.

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