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Santé

La tuberculose à mettre à l’agenda

Laurence Dardenne

Mis en ligne le 26/01/2010

Catherine Fonck (CDH) dépose, ce mardi, une proposition de résolution.

En ces derniers temps où la grippe A/H1N1 a occupé le devant de l’actualité peut-être plus que de raison, c’est une proposition de résolution visant à inscrire, à l’agenda de la présidence belge de l’Union européenne en 2010, la problématique relative à la lutte mondiale contre la tuberculose que dépose, ce mardi, la députée Catherine Fonck (CDH). Aujourd’hui en effet, la commission de la Santé publique de la Chambre se réunit avec la commission des Affaires sociales du Sénat et le comité d’avis chargé des questions européennes afin de dresser les priorités de la présidence belge de l’UE en matière de santé publique.

Alors que, chaque année, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), quelque 10 millions de nouveaux cas de tuberculose sont enregistrés, on comptait en 2007, en Belgique, 1 034 nouveaux cas, essentiellement des allochtones primo-arrivants.

"A côté de la grippe A/H1N1 pour laquelle ont été débloqués des budgets considérables, la tuberculose représente une réelle bombe sanitaire à retardement", nous explique Catherine Fonck, rappelant que la grippe a causé environ 13 000 décès en 10 mois contre près de 2 millions chaque année pour la tuberculose. "L’opinion publique a le sentiment qu’il s’agit d’une "vieille" maladie qui est loin de nous, poursuit la députée , c’est un danger de penser cela, car on sait que l’Europe est touchée de plein fouet par cette affection avec près de 2,8 millions de nouveaux cas et plus de 111 000 morts en 2007. On croit donc, de façon très erronée, qu’il s’agit d’une maladie contrôlée dans nos pays développés." Par ailleurs, "le fait qu’aujourd’hui, on est au bout du monde en moins de 24 heures et qu’il y a des flux migratoires de plus en plus nombreux est une réalité qu’il faut intégrer. Ces infections ne connaissent pas de frontières", souligne Catherine Fonck.

Un autre argument qui semble justifier la volonté de placer ce combat au rang des priorités est le fait que les bacilles deviennent de plus en plus résistants, voire extrêmement résistants aux médicaments. "Les moyens de lutte sont totalement inadaptés aux besoins actuels, fait encore remarquer la députée, en effet, depuis 40 ans, plus aucun médicament ni aucun vaccin nouveaux pour le traitement de cette maladie n’ont été développés et mis sur le marché. [ ] La tuberculose fait partie des objectifs du millénaire pour le développement mais il est clair que les moyens de lutte actuels ne suffiront pas pour atteindre l’objectif fixé par l’OMS qui consiste à éradiquer la tuberculose pour 2050. La mise au point de vaccins abordables pour les pays en développement et adaptés aux nouvelles évolutions de la maladie est donc indispensable".

Actuellement, cinq candidats vaccins sont prêts pour entrer en phase clinique II. Ils pourront voir le jour entre 2010 et 2014 et seront destinés à remplacer le vaccin BCG mis au point en 1921 et utilisé dans un programme de vaccination consistant en une primo-vaccination suivie d’un rappel. "Si l’on veut arriver avec un vaccin beaucoup plus efficace que celui dont on dispose actuellement, il existe un levier qu’est la Fondation Tuberculosis Vaccine Initiative (TBVI), créé sur recommandation de la Commission européenne en mars 2008, qui peut agir à condition d’y injecter des moyens financiers importants", nous explique toujours Catherine Fonck. Avec 43 centres de recherche publics et privés, la TBVI regroupe la pointe de la recherche mondiale en matière de vaccins contre la tuberculose.

"On sait que l’on va pouvoir aboutir sur les vaccins en 2018 pour autant que l’on saisisse cette occasion unique par rapport à la tuberculose, dans l’optique de développer des produits sûrs, efficaces et financièrement accessibles aux pays en développement. Ce sera la seule façon d’aboutir à une réelle éradication de la maladie".

Pour réaliser cet objectif, maintenir la capacité de recherche, d’innovation et de développement de la TVBI, un financement de 200 millions d’euros sur les années à venir est nécessaire. Dans sa proposition de résolution, la députée CDH demande notamment d’inciter les gouvernements des Etats membres de l’Union européenne à se mobiliser pour la lutte contre la tuberculose et de permettre le déploiement de l’initiative européenne (Fondation TBVI) par des garanties d’état et/ou de l’Union européenne aux investissements éventuels soutenus par des instituts comme la Banque européenne d’investissement ou la Banque mondiale.

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