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Asile

Comment répartir les demandeurs d’asile ?

An.H.

Mis en ligne le 27/01/2010

Le président du CPAS de Bruxelles, où affluent les candidats réfugiés, lance un appel au fédéral. La crise de l’accueil est encore loin d’être résolue.

On en parle peut-être moins, mais le problème n’en reste pas moins lancinant : la crise de l’accueil des demandeurs d’asile n’est pas résolue. Les structures d’accueil (les centres, fédéraux ou de la Croix-Rouge, les initiatives locales d’accueil...) débordent et Fedasil (l’agence fédérale chargée de l’accueil des demandeurs d’asile) n’est toujours pas en mesure d’attribuer une place à chaque nouvel arrivant.

Si la situation est d’abord pénible pour les principaux intéressés, elle entraîne aussi des problèmes inextricables pour certains Centres publics d’action sociale (CPAS). Ainsi, mardi, le président du CPAS de Bruxelles, le député PS Yvan Mayeur, a lancé un appel au gouvernement fédéral afin que celui-ci adopte un nouveau plan de répartition pour l’accueil des demandeurs d’asile.

La problématique récurrente de saturation du réseau d’accueil et la loi du 12 janvier 2007, qui a supprimé le plan de répartition existant (plan 41), ont rendu la situation intenable à Bruxelles, expose selon Yvan Mayeur.

Avant l’entrée en vigueur de la loi de janvier 2007, le candidat à l’asile se voyait désigner un lieu obligatoire d’inscription (dans une commune) qui correspondait au lieu où il pouvait obtenir une aide sociale. Faute de place dans les centres, des centaines de demandeurs d’asile, privés de lieu d’accueil et donc d’adresse, ont été inscrits... à l’adresse du siège de l’Office des étrangers à Bruxelles, alors qu’ils ont entre-temps trouvé à se loger à Charleroi, à Liège ou ailleurs.

Résultat : depuis six mois, des CPAS des trois Régions du pays ont renvoyé vers le CPAS de Bruxelles 231 dossiers relatifs à 343 personnes, poursuit Yvan Mayeur. Soit un afflux de personnes auquel l’institution de la Ville de Bruxelles n’a pas les moyens financiers ni humains pour faire face.

En clair, le CPAS de Bruxelles estime qu’il ne doit pas devenir le CPAS national. Yvan Mayeur réclame donc du fédéral qu’il adopte un plan de répartition qui prévoirait qu’en cas de saturation des centres de Fedasil, les demandeurs d’asile seraient répartis dans différents CPAS en fonction des places disponibles. Le débat sera mis sur la table jeudi : le secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté, Philippe Courard (PS) a convoqué Fedasil et Yvan Mayeur pour évoquer la question.

Hasard du calendrier : le ministre flamand de l’Intégration, Geert Bourgeois, était interrogé hier par LDD et le Vlaams Belang sur le plan de répartition pour les demandeurs d’asile qui dépendent de l’ancienne procédure, soit un nombre limité d’étrangers. Ce plan (42) est contesté par la Flandre qui a calculé que 88 % des personnes concernées auraient été dirigées vers un CPAS du nord du pays. Selon Belga, le Premier ministre Yves Leterme (CD & V) aurait indiqué en décembre dernier vouloir revoir ce plan : sur base de la nouvelle répartition, la Flandre n’assumerait plus que 60 % de l’accueil, ce qui satifairait M. Bourgeois.

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