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Institutionnel | BHV
La demi-scission ne passe pas
V.d.W.
Mis en ligne le 27/01/2010
La présentation du plan de Jean-Luc Dehaene pour la problématique de BHV a provoqué plusieurs réactions en Flandre. Réactions courroucées car, pour plusieurs hommes politiques flamands, il est inconcevable de reporter encore et encore la scission de BHV. Cela alors que le CD&V, qui est aux commandes, avait promis qu’il ne faudrait que cinq minutes de courage politique pour y arriver. Mais on le sait : en campagne électorale, on dit souvent beaucoup de choses. Et c’est bien connu : les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient
Une précision quant au fond, tout d’abord, avant de passer en revue les réactions. La formule que nous avons présentée est bien celle que le démineur teste : une corbeille qui prévoit l’adoption rapide du premier paquet de réformes adoptées en mars 2008, mais restées lettre morte (en matière de logement, de code de la route, d’implantations commerciales, etc.), une promesse de soumettre à révision un nombre très important d’articles de la constitution, un engagement de transférer d’importantes compétences (des pans de la politique de l’emploi, de la justice, de la santé) via une loi spéciale et un régime transitoire pour BHV permettant de "passer" les élections fédérales. Ce dernier point, capital évidemment, serait une des options. Une option de repli au cas où la scission que Jean-Luc Dehaene propose serait rejetée. Car, selon d’autres interlocuteurs, JLD testerait aussi, une scission "light" de l’arrondissement BHV. Un scénario un peu inspiré du plan qui avait failli aboutir en 2004. Dans ce scénario plus audacieux, il y aurait bien une scission, sans élargissement de la Région bruxelloise. Mais on maintiendrait des droits d’inscription (aux élections) pour les francophones de la périphérie dans certaines communes flamandes. Cette disposition serait réservée aux habitants des communes les plus proches, là où vivent une grande majorité de francophones. Tout cela à confirmer évidemment. Car, comme on connaît Jean-Luc Dehaene, il va d’abord essayer d’obtenir un accord sur les deux premiers points (premier paquet, articles de la constitution à réviser et loi spéciale prévoyant des transferts massifs) avant de s’engager sur le statut de BHV.
Quoi qu’il en soit, les partis flamands, qui sont dans l’opposition au fédéral, tirent déjà à boulets rouges. Pour Jean-Marie Dedecker, Dehaene ne prévoit que des demi-solutions qui mécontentent les Flamands et exaucent les vœux des francophones. Reporter la scission à plus tard, c’est ce que veut le FDF.
Pour la N-VA, c’est clair : le CD&V et l’Open VLD n’ont plus rien à faire dans un gouvernement fédéral qui ne prévoit pas la scission pure et simple de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. " Rester dans ce gouvernement, dit le député N-VA Ben Weyts, c’est organiser le suicide de BHV ." Car bientôt, ajoute le député de la N-VA, on nous fera croire que le non-élargissement de Bruxelles est une victoire. Or, ce genre de pratiques, souligne-t-il, n’appartient pas aux régimes démocratiques. " Les corridors et les élargissements de territoire, conclut-il, c’était l’affaire de la Seconde Guerre mondiale ou de la guerre en Yougoslavie. "
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