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Communauté française | Enseignement
On double moins à l’école libre
Laurent Gérard
Mis en ligne le 29/01/2010
Il ne s’agit nullement d’ouvrir une nouvelle guerre scolaire, mais ce qui suit ne fera pas plaisir à tout le monde. Les Indicateurs de l’enseignement dévoilés il y a peu ont montré l’ampleur du retard scolaire en Communauté française : 20 % des élèves doublent en primaire; 60 % en secondaire. Le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec), qui scolarise l’essentiel des élèves du réseau libre, a affiné les données relatives au retard scolaire dans une note, que "La Libre" a pu lire, comparant les taux de redoublement entre réseaux, pour l’année 2007-08. Que dit cette note ?
1 Le redoublement en primaire. Le taux de redoublement moyen est de 4,65 % pour l’ensemble de la Communauté. Le réseau libre présente un taux plus faible : 4,02 %, contre 4,98 % au réseau communal et 5,80 % au réseau de la Communauté française (CF). Pour chacune des années d’étude, on observe des taux systématiquement plus élevés dans le réseau CF que dans les réseaux subventionnés (officiel et libre).
2 Le redoublement dans le secondaire général. Ici, c’est le réseau communal (14,4 %) et surtout le provincial (15,6 %) qui présentent les taux les plus élevés, devant le réseau CF (12,8 %) et le libre (9,5 %). L’infographie ci-contre détaille ces taux par année.
3 Le redoublement dans le secondaire technique (de transition et de qualification). C’est ici que l’on retrouve le taux moyen le plus élevé (22,1 %). Le réseau où le taux de redoublement est le plus grand est ici le communal (26,6 %), devant le provincial (24,9 %), le réseau CF (22,6 %) et le libre (20,6 %). Le taux est systématiquement plus faible dans le libre, à l’exception de la 7e année.
4 Le redoublement dans le secondaire professionnel. Le communal présente un taux de 20,8 %, le provincial de 17,4 %, le réseau CF de 14,8 % et le libre de 13,7 %. A noter que le réseau CF a le redoublement le moins fort en 4e, 6e et 7e professionnelles.
5 L’évolution des taux de redoublement. En primaire comme en secondaire, le redoublement va croissant, ces dernières années, tous réseaux confondus. Mais entre 2002-03 et 2007-08, les écarts, tant en primaire qu’en secondaire, se sont creusés entre les réseaux. Pour le Segec, "le réseau libre résiste comparativement mieux à cette tendance de fond".
6 L’impact budgétaire du redoublement. En 2008, le redoublement a coûté 370 millions d’euros à la Communauté. Selon le Segec, le réseau libre, qui scolarise 42,6 % des élèves en primaire, ne représente que 36,7 % des dépenses liées au redoublement. En secondaire, la part imputable au libre, qui scolarise 60,3 % des élèves, représente 53,5 %. La généralisation des taux de redoublement du libre à l’ensemble des réseaux permettrait une économie de 43 millions d’euros.
7 Pourquoi des taux de redoublement inférieurs dans le libre ? Pour le Segec, vu que les taux sont toujours plus bas, quels que soient le niveau ou le type d’enseignement, ces différences ne peuvent s’expliquer par un effet lié à l’offre d’enseignement ou à l’origine socio-économique des élèves. L’école catholique avance d’autres pistes explicatives à ces taux inférieurs : les choix pédagogiques et notamment la tradition éducative chrétienne qui place l’enfant au centre du processus de l’apprentissage et a pour objectif de conduire chaque enfant au maximum de ses possibilités; les moyens importants investis dans un corps d’accompagnateurs pédagogiques; l’option prise de décourager la pratique du redoublement considérée comme peu efficace; la politique menée en secondaire de décourager la pratique des secondes sessions avec, pour corollaire, le renforcement du pouvoir décisionnel du conseil de classe; l’accompagnement des élèves en difficulté par les PMS; ou encore la proportion plus élevée de décisions d’échec du conseil de classe remises en cause par les chambres de recours.
"Ce ne sont que des hypothèses, précise Etienne Michel, patron du Segec. Peut-être que d’autres ont d’autres explications. Il n’est de toute façon pas question de pavoiser : les taux de redoublement du libre sont trop élevés et en augmentation. Mais nous apportons notre contribution à l’analyse d’un phénomène dont se soucient de nombreux acteurs de l’école."
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